La ferme d’engraissement de thons rouges de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, ne verra pas le jour. Située face aux plages de Banyuls et Paulilles, à environ 1 kilomètre des côtes, cette ferme aurait été composée de 4 cages de 50 mètres sur 30, d’une capacité de 60 000 m3 chacune pour 200 tonnes de thons.
Dès l’ouverture de l’enquête publique sur la création de la ferme en Méditerranée, des associations s’étaient mobilisées contre le projet, en raison des menaces sérieuses qui pèsent sur les populations sauvages de thon rouge, et des impacts environnementaux (déjections et aliments) liés à ce type d’exploitation, notamment dans le contexte d’une mer sans marées.
De même, les municipalités concernées, les services vétérinaires et le conseil départemental d’hygiène se sont prononcés contre, ce qui ne pouvait que conduire le Préfet des Pyrénées-Orientales, lundi 10 juillet, à signer un arrêté de rejet définitif.
Alors que les réserves en thon rouge sont de plus en plus basses, l’idée d’un élevage pouvait toutefois sembler idéale, mais contrairement à l’aquaculture, où les poissons se reproduisent et se développent en captivité, les fermes d’élevage du thon rouge sont approvisionnées par des thons capturés à l’état sauvage. Ainsi, par ce mode de fonctionnement, les fermes participent directement à la chute des effectifs sauvages en alimentant légalement le commerce, hors quotas de pêche.
Les thons rouges capturés sont souvent très jeunes et n’ont donc pas eu le temps de se reproduire à l’état sauvage et de reconstituer les effectifs de leur espèce. Une fois capturés, ils sont engraissés en cage, avant d’être exportés, principalement au Japon, pour le marché très lucratif du sushi. En moyenne un thon atteint 1 mètre pour 100 kg, certains parvenant jusqu’à 3 mètres de long pour 400 kg !
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=2325