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BAST
Des scientifiques de l’Institut océanographique Harbor Branch et de l’Université de Miami ont exploré pour la première fois, fin mai et début juin, les récifs coralliens situés en eaux profondes entre la Floride et les Bahamas.
Ces récifs, considérés comme uniques, ont été découverts dans 600 à 900 mètres de profondeur au mois de décembre dernier par une équipe de l’Université de Miami équipée de sonars. La portion située au large de la Floride est surnommée la « Terrasse de Miami ».
L’un des premiers objectifs de la mission consiste à trouver des organismes marins pouvant produire des composés chimiques capables d’aider à traiter cancers, Alzheimer, etc.
La mission a été conduite à partir du sous-marin de poche Johnson-Sea-Link II, seul moyen d’apprécier de visu l’importance écologique et l’intérêt scientifique du récif, et de procéder à des prélèvements afin d’évaluer le potentiel pharmaceutique.
Le plus grand espoir des scientifiques est de découvrir à chaque fois de nouveaux organismes jamais vus dont les composés pourraient se montrer importants.
Les caractéristiques des autres organismes déjà connus peuvent aussi varier fonction de la profondeur, de la température et des conditions de vie.
L’institut océanographique Harbor Branch poursuit la recherche de tels organismes depuis le début des années 80. Les scientifiques plongent chaque année en eaux profondes dans l'Atlantique et la mer des Caraïbes à la recherche d’organismes rares comme les éponges dont les composés pourraient se montrer efficaces contre les cellules cancéreuses qu'ils cultivent en laboratoire.

Récifs en eaux profondes
La présence de récifs profonds entre Miami et l’île Bimini dans les Bahamas était suspectée depuis les années 70. Leur présence a seulement été confirmée fin décembre 2005 par une équipe de chercheurs du programme d’exploration océanique de l’Administration nationale océanique et atmosphériques (NOAA) et de l’Université de Miami.
Les récifs ont été repérés grâce à un véhicule sous-marin autonome plus souvent utilisé dans les programmes de recherche pétrolière. L’écosystème découvert à cet endroit montre un relief très accidenté et abrite une vaste communauté d’éponges, coraux, poissons et autres animaux.
Plusieurs récifs situés en eaux profondes ont été découverts au large de la Floride ces dernières années. Leur richesse est souvent considérée comme étonnante et cruciale. Etonnante car, privés de lumière en raison de la profondeur, ils ne bénéficient pas des mêmes sources alimentaires que leurs cousins à fleur d’eau qui se nourrissent d’algues par exemple. Cruciale, car leur situation protégée offre les conditions idéales d’une nurserie parfaite pour un nombre importants de systèmes marins.
Une attention toute particulière est accordée aux zooplanctons dont on suppose qu’ils constituent l’une des premières bases nutritionnelles des récifs profonds.

Les coraux protégés sur le papier seulement
Sur les 18,7% de récifs coralliens tropicaux appartenant aux réserves marines protégées, moins de 2% bénéficient d’une protection appropriée contre l’extraction, le braconnage et autres menaces pour la plupart humaines, indique une étude parue dans Science Magazine. L’étude supervisée par le professeur Camilo Mora de l’Université de Dalhousie (Canada), fondée sur l’observation des réserves marines protéges dans 102 pays, souligne l’insuffisance et/ou l’inadéquation des actions menées contre le déclin des coraux. Les auteurs du rapport soulignent que les zones de protection ne sont en fait que des réserves protégées sur le papier, notamment dans les Caraïbes.
D’après une autre étude de l’Université du Queensland (Australie) parue récemment, les dommages infligés par l’homme aux récifs coralliens depuis les 30 dernières années dépassent de loin les pressions exercées sur la période des 220.000 dernières années.
eCARAIBES

Photos © Harbor Branch Oceanographic 2006


Pour en savoir plus :
http://www.hboi.edu
Emma
Mer Rouge: une côte bétonnée?

Egypte — Des millions de touristes se rendent chaque année en Egypte pour pratiquer la plongée sous-marine dans la Mer Rouge. Le long des côtes, des récifs coralliens abritent une grande quantité d'espèces marines, parmi lesquelles des dauphins, requins, raies manta, tortues et dugongs. Les efforts de conservation des habitants de la région, les programmes gouvernementaux ainsi que le soin des plongeurs permettent de préserver l'environnement marin de façon relativement efficace. Mais le développement côtier anarchique met en péril l'existence de milliers de kilomètres de récifs frangeants (récifs coralliens bordant immédiatement la terre ferme).

Chantiers de construction irresponsables, décharges sauvages et destruction au bulldozer contribuent à ravager les trésors de la mer. Quelque 3 millions de mètres cubes de récifs coralliens ont déjà été ensevelis et transformés en zones d'habitation touristiques, et de nombreux projets de construction en bord de mer sont en cours. Entre El Quseir et Marsa Alam, la côte toute entière est remaniée - sans aucune considération environnementale.

Ailleurs le long de la côte égyptienne, il y a pourtant des endroits où la situation est bien meilleure, grâce à l'existence de réserves marines. Par exemple, le parc national Ras Mohammed est devenu un des lieux de plongée les plus courus au monde et son réseau de réserves marines, où les coraux et ses habitants y sont préservés, a permis une augmentation considérable des revenus liés au tourisme et à la pêche. Le succès de cette région est tel que l'Agence Egyptienne des Affaires Environnementales a demandé la protection de tous les récifs coralliens d'Egypte, sur le modèle de ce qui existe à Ras Mohammed.

Pourtant, le surdéveloppement côtier absurde continue. Dans le cadre de l'expédition 'Défendons nos océans', le navire Greenpeace Esperanza s'est rendu en Egypte pour soutenir les activités d'un groupe environnemental local, l'Association de protection environnementale et de conservation de Hurghada (HEPCA, Hurghada Environmental Protection and Conservation Association). La HEPCA tire son nom de la ville de Hurghada, ville de 250'000 habitants qui accueille chaque année 2.5 millions de visiteurs. Récemment, une grande partie des récifs frangeants de Hurghada ont été détruits par un développement côtier totalement irresponsable.

Notre but est d'aider la HEPCA à faire en sorte que la planification à long terme, la conservation et le développement soutenable l'emportent sur la cupidité à court terme. Pour ce faire, la HEPCA invite toutes les personnes concernées par cet enjeu, comme les touristes potentiels, à signer la Charte El Quseir, qui stipule que nous partageons tous une part de responsabilité dans la préservation des habitats marins. Si vous comptez visiter l'Egypte prochainement, vous pouvez également vous engager à pratiquer la plongée sous-marine de manière respectueuse de l'environnement; ou demander aux hôtels, tour-opérateurs et centres de plongée ce qu'ils entreprennent afin de préserver la beauté naturelle des lieux pour les générations futures.

http://oceans.greenpeace.org/fr/l-expediti...e-c-te-betonnee
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