LES SUPERMARCHES DE L’INCINERATION ANIMALE
Communiqué (2008)
LES SUPERMARCHES DE L’INCINERATION ANIMALE Quand l’argent vient en fumées !...
C’est dès l’instant où vous perdez votre animal de compagnie, celle ou celui qui vous a donné tout son amour pendant des années, que se déploie le grand business de l’incinération labellisée qui vous guettait ! Tel un vautour se jetant sur sa proie il profite du malheur qui vous arrive, de la peine qui vous touche, de cette souffrance qui vous fragilise pour activer ses offres via votre vétérinaire. Car une véritable chaîne de supermarchés de l’incinération animale, labellisée par la Préfecture et la Direction des Services vétérinaires, a installé ses distributeurs à travers tout le territoire.
Vous avez confiance en votre vétérinaire aussi, lorsque elle/il vous propose un centre de crémation vous suivez ses conseils même si, comme je l’ai fait, vous en avez suggéré un autre dont vous avez pu apprécier antérieurement la courtoisie de l’accueil pendant la cérémonie et la fiabilité du service rendu. « L’organisme avec lequel nous travaillons maintenant est beaucoup mieux. » m’explique-t-on. J’acquiesce. Je signe la convention et accepte, par ce simple geste et sans en avoir conscience, le tarif qu’elle/il vient de fixer unilatéralement…. Nous sommes le 16 juin ; l’urne de ma chatte reviendra au cabinet vétérinaire le 2 juillet ; elle aura mis 16 jours !
Durant cette période tellement difficile à vivre, j’appelle l’organisme en question. Accueillie par une musique gaie et entraînante, digne d’un bal populaire mais totalement incongrue dans un tel contexte, j’apprends que « l’enlèvement des corps a lieu à certaines dates déterminées » (une semaine pour ma chatte) et qu’il en est de même pour le retour des restes appelés pompeusement « cendres ». Suis-je naïve ! C’est évident bien sûr ! Ne doit-on pas lutter contre la pollution automobile pour protéger la couche d’ozone. Ouf ! Je n’ai plus à m’inquiéter ; il suffit de patienter. La marchandise me sera livrée dans les délais qui sont les leurs… Trêve de plaisanterie, injustifiée à travers mes larmes. Quand je demande la date à laquelle je pourrai assister à la crémation individuelle choisie, on m’explique que je dois prendre rendez-vous. J’insiste pour être présente lors de la mise du corps dans l’incinérateur mais la réponse est sans appel : « Ce n’est pas possible !... Vous regarderez à travers une caméra ».
Cette « Entreprise en macchabées à occire », est là pour faire du profit. Elle fonctionne à plein rendement sans tenir compte de la détresse des maîtres/maîtresses des animaux qui lui ont été confiés. Une tournée à chargement maximal pour réduire les frais d’essence et de main-d’œuvre. Aucun contrôle véritable du mode d’incinération (collectif / individuel / individuel versus collectif ?).
Rendement assuré - Aubaine pour les vétérinaires actionnaires !
Cette triste histoire aurait pu s’arrêter là. Ce serait méconnaître la stratégie organisationnelle de l’entreprise. On ne m’a pas rendu des cendres mais des osselets cramés non protégés qui cliquètent au moindre déplacement du coffret où est enfermée l’urne, ce qui ne manque pas de me stresser à chaque fois. « C’est le squelette de votre chat que vous avez reçu ; le broyeur n’est pas assez puissant pour réduire les os » me répond une femme au téléphone. Alors, si cet appareil refuse de « cuire à point » comme il le devrait est-ce par respect de l’environnement ou bien cette façon d’agir, outre qu’elle évite l’achat de concasseurs, a-t-elle pour finalité ultime un accroissement supplémentaire des bénéfices ?
Après ces divers traumatismes affectifs, j’ai vécu la seconde incinération de mon animal dans la quiétude et la sollicitude du centre de proximité où j’aurais du le conduire d’emblée…
De : Michèle Dayras
lundi 4 août 2008
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article69733
