Protection des animaux: Le rhinocéros noir : chronique d'une mort camouflée - Protection des animaux

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Le rhinocéros noir : chronique d'une mort camouflée

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Emma 

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Posté 17 octobre 2006 - 23:18

On savait le rhinocéros noir de l'Ouest africain (Diceros bicornis longipes) plus que jamais menacé d'extinction. En Centrafrique, cette sous-espèce a totalement été exterminée par les braconniers.

Des milliers de sujets qui broutaient paisiblement les feuilles des buissons de la savane africaine, il y a un siècle, 600 individus subsistaient encore au début des années 80. Depuis quelques années, pourtant, leur déclin devenait alarmant, leur nombre ayant chuté à une trentaine au Cameroun. Une situation grave, mais pas totalement désespérée néanmoins, les pisteurs, chargés par différentes organisations internationales de protection animale de vérifier l'état du cheptel dans ce pays, envoyant régulièrement des rapports encourageants sur la foi des traces observées. Après tout, et dans le pire des cas, il suffit, pour qu'une espèce menacée ait quelques chances de survie (et selon les critères de l'African Rhino Specialist Group), qu'au moins cinq individus subsistent dans la nature, dont trois femelles. Recevant régulièrement dans leur bureaux informatisés des données quant au dénombrement des traces, les spécialistes, inquiets certes, estimaient que l'on en était tout de même pas arrivé à ce stade de minimalisme existentiel pour ce mastodonte mesurant 3,70 m de long et pesant jusqu'à 1,5 tonne.

La principale cause de la disparition de cet herbivore de grande taille reste, bien sûr, le braconnage pour récupérer ses précieuses cornes ( mesurant 80 cm ) fort prisées dans la pharmacopée chinoise. Plus grave encore, la corne de rhinocéros sert aussi à fabriquer le manche des poignards traditionnels, en Arabie Saoudite. Un négoce facilité par les relations traditionnellement établies entre la péninsule arabique et cette partie musulmane de l'Afrique centrale que représente le Nord du Cameroun.

En se basant sur les observations des pisteurs camerounais, une trentaine de rhinocéros noirs survivaient donc encore, tant bien que mal, dans ce coin d'Afrique. Un petit détail, cependant, chicotait les experts : le dernier rhinocéros noir observé au Cameroun, et de manière vraiment fiable, l'avait été il y a dix ans déjà. Pour s'assurer de l'importance réelle du cheptel subsistant, une expédition soutenue par l'Union Internationale pour la Conservation de la Faune, et dirigée par deux vétérinaires (Isabelle et François Lagrot) est donc allée au Cameroun, histoire de tirer l'affaire au clair.

Six mois de travail, 48 patrouilles, 2500 kilomètres à pied plus tard et aidés par un pisteur venu du Zimbabwe, nos deux limiers réalisèrent rapidement que les traces dûment déclarées étaient fausses en réalité!

Tout le monde n'étant pas braconnier, il faut bien gagner sa vie comme on peut! Des faussaires, on en compte, après tout, dans bien des domaines. Et parfois même chez les pisteurs chargés de surveiller les rhinocéros noirs. Pour justifier et conserver leur travail, donc, dans un des pays les plus pauvres du globe, et maintenir artificiellement en vie cette sous-espèce probablement éteinte, ces «Bougons» de la faune sauvage fabriquaient tout simplement de fausses traces.

Si bien qu'après 20 ans d'alerte, et en tenant compte des fausses déclarations des pisteurs, le dernier congrès des spécialistes du rhinocéros (qui s'est tenu en juin dernier au Swaziland) a déclaré cette sous-espèce probablement éteinte. Pour confirmer officiellement la disparition totale d'une espèce animale, et pouvoir la classer dans la catégorie officiellement éteinte, il faut cependant attendre 30 à 50 années sans qu'un seul spécimen n'ait été observé vivant dans la nature.

http://www.cyberpresse.ca/article/20061004.../5547/FRONTPAGE
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#2 L'utilisateur est hors-ligne   fesaga 

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Posté 19 octobre 2006 - 20:44

c'est ignoble toutes ces especes qui disparaissent dans l'indifference generale a cause de veritables pourritures...

:angry: les scientifiques pourraient peut etre se preocupper de ca plutot que de jouer aux apprentis sorciers... c'est repugnant.
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