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Interdisons les racleurs d\'océans






Alors que l’Australie vient d’interdire les supers chalutiers dans ses eaux territoriales, la France, quant à elle, s’oppose à leur interdiction. One Voice estime que le gouvernement français fait le mauvais choix. Ces « racleurs d’océans* » condamnent la faune et la flore marines à disparaître.

Dans sa grande sagesse, le gouvernement australien, par la voix de son ministre de l’Environnement, Monsieur Tony Burke, vient de surseoir à l’autorisation de pêche d’un chalutier géant, le Abel Tasman. Le ministre, alerté par les organisations environnementales, les associations de pêcheurs et les citoyens australiens, a en effet estimé qu’il « y avait des risques » pour la faune et la flore marines. Il souhaite donc consulter les experts sur les conséquences de l’activité d’un tel navire sur la biodiversité de la région. Le super chalutier restera à quai au cours des deux prochaines années, le temps pour les experts de remettre leurs conclusions.

D’une capacité de 9 500 tonnes, ce super chalutier est le deuxième plus gros navire-usine au monde. À lui seul, il est capable de conditionner 250 tonnes de poissons par jour. Doté d’un chalut de 300 m de long, il devait pêcher 18 000 tonnes de poissons dans les eaux australiennes, soit la moitié du poisson autorisé dans la zone. Avant de passer sous pavillon australien, ce navire-usine d’origine néerlandaise a écrémé les eaux européennes et vidé les côtes de l’Afrique de l’Ouest. Les méfaits d’un tel géant des mers sont donc connus de longue date. Son activité a des conséquences dramatiques sur les stocks de poissons, la biodiversité tout comme sur l’économie de la filière.

À l’image des nombreux grands chalutiers qui parcourent les océans, la puissance de pêche d’un tel navire-usine dépasse largement les capacités reproductives des stocks halieutiques. D’après Greenpeace, la seule « flotte européenne est capable de pêcher 2,5 fois le volume de ce que nos mers sont capables de nous donner. » Or, la FAO estime que 2/3 des espèces pêchées pour notre consommation sont déjà surexploitées (rapport juillet 2012). Un groupe d’experts de l’université allemande de Kiel a même conclu « qu’il ne sera pas possible de reconstituer les stocks de poissons pour assurer une pêche durable avant 2040 ». Et ce à l’unique condition d’arrêter la surpêche.

Par ailleurs, la pêche pratiquée par ces grands chalutiers est non sélective. Tout ce qui se trouve dans la trajectoire du filet est emporté. Poissons juvéniles, poissons sans intérêt commercial mais aussi mammifères marins (dauphins, baleines, phoques…), requins ou oiseaux marins sont pris dans les mailles du filet et y succombent. Selon la FAO, ces prises « accidentelles » représentent, selon les cas, 15 à 50 % des prises mondiales. Dans le cas de la pêche au flétan, elles atteignent jusqu’à 95 %**. La flore marine n’est pas non plus épargnée. Les chaluts de fond peuvent, en une heure de pêche seulement, détruire avec un filet de 500m l’équivalent d’une surface égale à 180 terrains de football. Le passage d’un super chalutier équivaut à un vrai tsunami dans la zone exploitée tant l’écosystème marin y est ravagé.

Mais pas seulement. Une récente étude anglaise (« Jobs lost at sea » de la New Economics Foundation) estime qu’une telle pratique de la pêche est également préjudiciable aux pêcheurs eux-mêmes. 100 000 emplois seraient perdus dans les années à venir. D’une part, parce que la pêche artisanale ne peut pas rivaliser face à ces engins suréquipés, grâce notamment aux subventions*** d’état, qui en quelques heures sont capables de s’approprier les stocks de poissons disponibles. Or, la pêche artisanale fait travailler 90 % des pêcheurs du monde entier. L’économie locale dans certaines régions en voie de développement est complètement détruite après le passage de ces navires-usines. D’autre part, la technologie remplace les marins : une cinquantaine seulement pour faire fonctionner un bateau de 142 m tel que l’Abel Tasman. Enfin, ces chalutiers signent leur propre fin, et celle de tous les autres, en vidant les océans de leurs ressources.

Ces données sont connues. Les rapports de tous les experts sur l’état des océans et de ceux qui les peuplent sont tous alarmants. One Voice s’étonne donc qu’en juillet dernier le ministre délégué des Transports, de la Mer et de la Pêche français se soit opposé à l’interdiction du chalutage en eau profonde proposée par l’UE. En acceptant leur présence sur les côtes bretonnes et d’ailleurs, il condamne à mort l’Atlantique nord-est et une industrie déjà sous perfusion. One Voice vous invite donc à demander à notre ministre délégué Frédéric Cuvillier de revoir sa position et de voter pour la fin du pillage et de la destruction des océans au profit d’une pêche durable et viable pour tous. Il est urgent de préserver les poissons et notre patrimoine naturel.

Source : One Voice

30/10/2012



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