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Chasse aux trophées : de la polémique au scandale






L’accident de Juan Carlos au cours d’une chasse à l’éléphant au début de l’année a relancé la polémique de la chasse aux trophées, pratiquée dans certains pays d’Afrique, sous couvert de gestion des populations. One Voice prend position, pointant du doigt la cruauté d’un tel loisir.

En avril dernier, le roi d’Espagne se fracturait la hanche au cours de l’une de ses parties de chasse à l’éléphant au Bostwana. Il provoque ainsi une polémique internationale, principalement concernée par le coût exorbitant d’un tel loisir alors que son pays est confronté à une crise économique sans précédent. Mais ce qui a également choqué la planète, c’est que Juan Carlos n’est autre que le président d’honneur du WWF, ONG de protection de la nature mondialement connue…

La chasse aux trophées est une pratique qui permet, moyennant finance, de chasser l’animal de son choix, y compris d’espèce protégée telle que l’éléphant ou le rhinocéros noir. D’un point de vue légal, cela est rendu possible notamment grâce à la chasse en boîte (d’animaux nés en captivité et chassés dans de grands enclos) ou en intégrant ces actions de chasse à des plans de gestion des populations. Dans certains pays par exemple, la population d’éléphants est considérée comme trop importante et occasionne des dégâts sur les cultures voire constitue un danger pour les villageois : plus d’éléphants sur un territoire réduit par les activités humaines pose d’importants problèmes de cohabitation. Pour justifier ce loisir cruel, les prétextes ne manquent pas. Il constituerait donc aussi une ressource financière importante pour les pays concernés qui en utiliseraient les gains pour financer… des actions de conservation ! Cette chasse rapporterait ainsi plus de 115 millions d’euros à l’Afrique du Sud chaque année mais, selon la League Against Cruels Sports, seulement 5% des taxes de chasse bénéficieraient réellement à la conservation…

Dans le milieu de la conservation, cette forme de chasse ne fait pas l’unanimité. Si des organisations comme TRAFFIC et même le WWF ne s’y opposent pas, lorsque la chasse aux trophées fait partie d’une stratégie mise en place par le gouvernement et strictement contrôlée, des conséquences notables de cette pratique permettent de douter de sa réelle pertinence à s’intégrer à un projet de conservation d’espèce menacée. Pour les lions, qui doivent déjà faire face à de gros problèmes de cohabitation avec les éleveurs de bétail, la chasse aux trophées est une catastrophe de plus. La forte demande de la part des américains en peaux de lion et autres pièces détachées du roi de la jungle fait des chasseurs américains un facteur important de la diminution de leurs populations : des 5 663 individus tués en Afrique entre 1999 et 2008, 64 % sont partis vers l’Amérique. Et en dix ans, le nombre de lions tués pour les trophées a plus que doublé (d’après un rapport commandé par la Maison Blanche à une coalition américaine pour la défense de la vie sauvage en 2011). Des 200 000 lions présents sur le continent africain il y a un siècle, il ne reste qu’une population de moins de 40 000 individus, voire 16 000 pour les estimations les plus pessimistes… Éteint dans 26 pays, le lion a ainsi disparu de 80% de son territoire d’origine. Mais on continue de le chasser !

Au-delà des questions – certes cruciales – de conservation de la biodiversité, la dimension éthique fait une fois de plus cruellement défaut à ces débats dont elle devrait être le cœur. Pour justifier l’innommable, on parle de gestion, de régulation, d’impact économique… Pourtant, qu’il s’agisse de lions, d’éléphants, de girafes, d’ours polaires ou de tout autre victime de ces chasses, ce sont des vies, voire des familles, qui sont détruites, des individus qui sont effacés dans les pires conditions qui soient : combien de coups de feu faut-il pour abattre un éléphant ? On sait pourtant les liens qui unissent les membres d’une famille d’éléphants. On sait qu’ils se souviennent de ceux qu’ils ont aimés jusqu’à la fin de leur vie. On sait qu’ils se reconnaissent dans un miroir et n’abandonnent pas leurs proches blessés mais s’organisent pour les aider… Ces êtres sont des êtres sentients avec lesquels nous partageons une planète qui ne nous appartient pas. Apprendre à cohabiter en paix, tel doit être l’objectif !

Source : One Voice

25/07/2012



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