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Une nouvelle alternative à l'expérimentation animale ?






Des chercheurs français ont annoncé la mise au point d'une technique permettant la culture de cellules germinales mâles en laboratoire. Utilisée pour évaluer la toxicité de certains produits chimiques sur la fertilité masculine, cette méthode permettrait de réduire significativement le recours aux tests sur animaux. Une découverte saluée par la Fondation 30 Millions d'Amis.

Depuis 5 ans, la Fondation 30 Millions d'Amis participe - aux côtés de Pro Anima - au protocole d'élaboration de méthodes alternatives à l'expérimentation animale, baptisé Valitox® . Les travaux effectués par le laboratoire indépendant Novaleads - en charge du développement Valitox® - intervient en réponse à la mise en place du programme européen REACH. Ce programme prévoit, d'ici 2012, de tester près de 30 000 produits chimiques - dont la toxicité sur l'homme et l'environnement n'a, à ce jour, pas été évaluée - afin de créer une banque d'informations consultable par tous les pays membres. Banque qui permettra aussi la mise en place de normes à l'échelon européen.
Une telle augmentation des tests sous-entend une augmentation drastique du nombre d'animaux sacrifiés sur l'autel de la science et, même si Valitox® obtient des résultats concluants, le temps presse et toutes les méthodes alternatives à l'expérimentation animale sont les bienvenues.

Ainsi, la récente méthode mise à jour par l'équipe de Philippe Durand, Directeur de Recherche, qui certes ne s'applique qu'aux problèmes de toxicité liés à la fertilité masculine, apporte néanmoins une nouvelle pierre à l'édifice. Marie-Hélène Durand, Chargée de Recherche, a accepté d'offrir son éclairage à la Fondation 30 Millions d'Amis.

Fondation 30 Millions d'Amis : Pourquoi votre découverte est-elle fondamentale pour lutter contre l'expérimentation animale ?
Marie-Hélène Durand : Nous ne pouvions pas cultiver de cellules germinales mâles (cellules qui permettent la formation des spermatozoïdes, NDLR) plus de 4 ou 5 jours. Aujourd'hui, nous pouvons les cultiver quatre semaines. Nous aurons donc besoin de 10 à 20 fois moins d'animaux pour tester les produits chimiques par rapport aux études actuelles qui se font essentiellement "in vivo" (réalisé sur un organisme vivant, NDLR). Par ailleurs, il faut avoir présent à l'esprit que les tests concernant la fertilité masculine représente 90% des tests réalisés aujourd'hui sur les animaux, d'après l'ancien directeur de l'ECVAM (Centre Européen de Validation des Méthodes Alternatives). L'impact de cette méthode est donc considérable.

F30MA : Pour recourir à votre technique, des rats sont tués…
Marie-Hélène Durand : C'est vrai. Nous travaillons à la base sur des testicules de rats qui nous permettent ensuite de récolter les cellules germinales que nous cultivons ensuite 4 semaines. Mais le fait de pouvoir cultiver les cellules quatre semaines au lieu de quatre jours nous permet de diminuer le nombre d'animaux utilisés. En poursuivant les études actuelles nous pourrons diminuer encore plus ce nombre d'animaux sacrifiés.

F30MA : Pourtant le modèle animal et le modèle humain ne sont pas similaires ?
Marie-Hélène Durand : Actuellement, le rat est un modèle "classique" pour les études de toxicologie. Mais nous sommes conscients des limites de chacun des modèles. Travailler sur des cellules humaines serait un plus, ce serait même un idéal ! Malheureusement, il n'y a que très peu d'échantillons et on ne peut pas multiplier les tests comme on peut le faire sur les cellules de rats.

F30MA : La méthode que vous avez mise en place a-t-elle été certifiée au niveau européen ?
Marie-Hélène Durand : Nous sommes en train de faire certifier cette méthode par l'ECVAM. Les dossiers sont en cours. Une fois cette certification obtenue, notre méthode pourra être appliquée au programme REACH.

F30MA : Quels genres de produits peuvent être testés ?
Marie-Hélène Durand : Des métaux lourds comme le chrome, des perturbateurs endocriniens, des pesticides, des résidus médicamenteux, des micropolluants et des cocktails de toutes ces différentes molécules. Ces tests ex vivo (sur des cellules extraites d'un organisme, NDLR) permettent aussi de mesurer l'impact de nanoparticules contenues dans des crèmes à destination de la cosmétique.

F30MA : Ces produits et leurs méfaits sont pourtant déjà bien connus... Certains, comme les phtalates, ont été interdits au Canada et en Italie !
Marie-Hélène Durand : C'est vrai. On a noté leur toxicité à plusieurs reprises mais sans vraiment être capable de déterminer quels étaient les mécanismes exacts qui engendraient la toxicité sur la fertilité masculine. De plus on devra tester entre 30 000 et 140 000 produits dont on connaît peu de chose en termes de toxicité sur la reproduction.

Source : Fondation 30 millions d'animaux

27/02/2010



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