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2010, année du tigre ou de sa disparition ?






Avec près de 3000 spécimens dénombrés en 2009, contre 20 000 dans les années 80 et 100 000 il y a un siècle*, le tigre est véritablement en danger. A l’heure où le nouvel an chinois a placé 2010 sous son auspice, la voix de certains spécialistes s’élève. Grégory Breton, directeur adjoint au Parc des Félins répond aux questions de la Fondation 30 Millions d’Amis.

Fondation 30 Millions d’Amis : Depuis les années 70, les compagnies et les organisations de défense animale n’ont de cesse de se porter au secours du tigre, or il semblerait que rien n’endigue sa disparition à l’état sauvage.
Grégory Breton : C’est vrai qu’il faut reconnaître qu’avec l’éléphant, le tigre a bénéficié d’un apport de capitaux à nul autre pareil. De fait, c’est l’un des animaux les plus emblématiques de notre planète, même s’il ne vit à l’état sauvage qu’en Asie et qu’il fait partie des félins les plus dangereux. Non seulement les organisations de défense animale le soutienne, mais aussi des compagnies telles que Esso dont c’est l’emblème, les gouvernements des pays d’où il est originaire et même la banque mondiale! C’est assez exceptionnel…

F30MA : Mais le tigre continue de disparaître !
Grégory Breton : Oui. La population a été réduite de 97% en l’espace d’un siècle et sur les 9 sous-espèces existant à l’origine, 4 ont déjà disparues comme le tigre de Bali, de Java, de la Caspienne et du Sud de la Chine. Les 5 restantes sont les tigres Indiens dits du Bengale (entre 800 et 1400 spécimens), les tigres de Sibérie (environ 500 spécimens), les tigres de Sumatra (environ 250 spécimens), ceux d’Indochine et de Malaisie qui totalisent tous les deux 1200 individus.

F30MA : Quelles sont les causes de cette disparition qui semble inexorable ?
Grégory Breton : La chasse dite de « prestige », durant toute la première moitié du XXème siècle. Chasse pratiquée tant par les Anglais que par les Français ou les riches Indiens, les Russes. L’heure était alors au record : l’animal le plus gros, ou le plus grand nombre de trophées. La chasse pour sa fourrure a nettement diminuée. Aujourd’hui se sont la déforestation et la médecine traditionnelle qui sont les deux grandes responsables de sa disparition. Par ailleurs, le tigre n’est présent que sur une partie très restreinte du globe : l’Asie. Avec l’homme, c’est le deuxième grand prédateur. Démarre alors l’éternelle lutte entre la population humaine et la population animale, la première empiétant sur le domaine de la seconde. Les gouvernements tentent de prendre des mesures, chacun à leur niveau, mais certains ne jouent pas vraiment le jeu.

F30MA : Comme la Chine...
Grégory Breton : Comme la Chine en effet, qui interdit la vente de produits issus du tigre que l’on trouve en médecine traditionnelle, mais qui autorise la consommation de « vin de tigre » ou de boisson énergisante « à base de tigre ». L’Inde a, pour sa part, pris des mesures plus nettes en interdisant la vente et le braconnage, en créant des réserves aussi. Mais ces réserves sont des territoires particulièrement restreints au regard de l’espace dont l’animal aurait besoin. Par ailleurs, ces zones sécurisées pour les animaux communiquent mal entre elles, empêchant ainsi les échanges de population, le brassage des gènes.

F30MA : La Chine qui a aussi proposé de créer des fermes d’élevage pour endiguer le braconnage.
Grégory Breton : Ces fermes existent déjà. Leurs responsables justifient leur existence vis à vis de la communauté internationale en les nommant "parcs" ou "zoos". Les tigres qui y sont abattus sont destinés à la médecine traditionnelle. L'existence de ces établissements ne fait en aucun cas reculer le braconnage puisqu'aucune différence ne peut être faite entre un tigre « sauvage » et un tigre « d’élevage ». Au contraire, les braconniers sont moins inquiétés !

F30MA : La population locale est-elle sensibilisée au danger d’extinction du tigre ?
Grégory Breton : Oui et non. Si l’espèce est protégée, la plupart des paysans ne le savent pas et continuent à chasser un animal qui va leur rapporter gros, qu’ils chassent pour eux ou pour des mafias. Le kilo de tigre est indexé sur l’or, comme n’importe quel produit de trafic. Une peau peut rapporter entre 20 000 et 30 000 USD (14800 et 22000€, NDLR), une patte vaudra 1000 USD (740€, NDLR). Le salaire versé aux brigades anti braconnage au regard de ces sommes est ridicule. Un garde de réserve gagne environ 30 euros par mois !

F30MA : Faut-il considérer le tigre comme perdu ?
Grégory Breton : On peut être défaitiste, mais ce n’est pas forcément la solution. Pourtant tout le monde – pour une fois – va dans le même sens. Les zoos, dont le Parc des Félins fait partie, gèrent des populations de tigres en vue de les réintroduire. Ils sont aujourd’hui plus nombreux dans les parcs qu’en liberté. Pour l’instant, leur habitat ne permet pas de les relâcher dans la nature, mais un jour, quand l’homme sera sage, pourquoi pas ?! Je vous rappellerais simplement que, dans les années 50 on ne donnait pas cher du tigre de Sibérie dont il ne restait plus que 40 individus. Ils sont aujourd’hui 500 ! Certes, rien n’est gagné, mais c’est tout de même la preuve que des améliorations peuvent être trouvées.

F30MA : Que peuvent faire les « amis » des tigres pour les aider ?
Grégory Breton : Plein de choses ! En donnant par exemple à des associations ou des fondations qui luttent pour leur préservation. Plus simplement en évitant de consommer des produits dont les ingrédients poussent à la déforestation et donc à la destruction des habitats du tigre. Des ONG, des associations, des administrations tr'availlent pour la sauvegarde du tigre et sans elles, ce dernier aurait peut-être déjà disparu depuis longtemps. Il faut garder espoir et laisser aux décideurs le temps de mettre en place les mesures qui sont nécessaires.

Source : Fondation 30 Millions d'amis

20/02/2010



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