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Massacre aux îles Féroé






Vous avez été nombreux à nous faire parvenir les images insoutenables de pêche à la baleine dans les îles Féroé, situées dans l'océan atlantique entre l'Irlande et l'Islande. Pourtant ces images remontent à plusieurs années. 30Millions d'Amis a mené l'enquête pour savoir si ces pêches continuent et dans quelles conditions.

Ces fameuses images remontent, pour les plus récentes, à 1992. Mais la plupart d'entre-elles sont tirées d'un film documentaire, "The Black Harvest" (La moisson noire) réalisé par la BBC en 1986, qui dénonçait pour la première fois les méthodes de pêches des habitants des îles Féroé, méthodes barbares virant au massacre.
Cette pêche, même si elle a depuis lors été réglementée par l'Union Européenne, est toujours en pratique. Elle se tient toute l'année, au rythme de l'arrivée des bancs de cétacés au large des cotes féringiennes. Mais elle connaît un pic pouvant représenter jusqu'à 60% de la pêche annuelle entre juillet et août, période de l'année qui coïncide avec la fête nationale des îles, la "Olavasoka", le 29 juillet. Musiques, danses et célébrations diverses sont au programme, parmi lesquelles, la pêche à la baleine.

Distorsion diplomatique

Si elles ont acquis une forme d'autonomie gouvernementale depuis 1948, les îles Féroé restent dépendantes du Danemark pour toutes questions militaires et questions de représentation internationale. Leurs habitants restent les sujets du souverain du Danemark, en l'occurrence la Reine Margrethe II (depuis 14 janvier 1972). Du coup, dès qu'il s'agit d'adhérer à une charte internationale, quelle qu'elle soit, les îles Féroé dépendent de leur représentation danoise. Voilà l'une des raisons pour lesquelles le Danemark signe, au nom des îles Féroé, les conventions de Berne et de Bonn sur la conservation des espèces migratrices, mais ne peut faire appliquer le respect de ces conventions au niveau local. Cette application étant laissée à l'appréciation du premier ministre féringien.
Or, depuis la découverte de pétrole au large de l'archipel, composé de 18 îles dont 17 habitées, les Féroé sont la convoitise de l'Angleterre, de l'Islande et du Danemark. Les îles en profitent d'ailleurs pour appliquer le bon vieil adage du "diviser pour mieux régner" et ont demandé, en 2006, leur entrée dans l'AELE (Association Européenne de Libre Echange) en tant qu'entité indépendante. La réponse de l'Union Européenne tardant à leur parvenir, elles appliquent les directives émanant de Bruxelles comme bon leur semble, la chasse à la baleine et aux dauphins en faisant partie.

Chasse Millénaire

C'est là que le bât blesse. Si les Féroé se sont mises au pas européen en ce qui concerne la pêche à la morue, à l'aiglefin, au merlan, au saumon doré, au sperling, au flétan, au hareng ou encore à l'halibut, la chasse aux cétacés reste quant à elle "traditionnelle". Certes le quotas de bêtes prélevées tant à correspondre aux directives bruxelloises, soit 900 individus par an, mais c'est très souvent un chiffre supérieur qui est enregistré, oscillant entre 1100 et 1300 baleines. Encore convient-il de préciser qu'aucune viande de baleine n'est exportée et que celle-ci constitue 60% du régime alimentaire féringien. Outre le dépassement des quotas, ce sont les techniques de chasse féringiennes qui sont le plus souvent décriées. Des techniques datant du Xème siècle et visant une espèce de cétacés en particulier : le globicéphale noir (globicephala melaena) rebaptisé par les Féringiens : "grindahvur", encore appelé "épaulard à tête ronde" ou "dauphin pilote" parce qu'il est de ceux qui accompagnent le plus volontiers les navires en dansant dans le sillage de leur étrave. Des lois règlementent la chasse et ses méthodes depuis 1986, mais dans la réalité ce sont seulement le poids des harpons, passé de 6 à 2 kilos, et la taille des couteaux utilisés, de 17 à 15 centimètres, pour égorger les bêtes qui ont diminué...

Technique de chasse

Lorsqu'un banc de globicéphales passe au large de l'archipel, l'alerte est donnée auprès des pêcheurs et des autorités locales pour rabattre l'ensemble des animaux vers une plage d'échouage prévue par la réglementation. Il en existe 21 réparties sur les 18 îles qui composent l'archipel. Au volant de leurs hors-bord, les pêcheurs poussent dans un premier temps les cétacés vers une baie le long des cotes. Progressivement, les animaux s'échouent. Les hommes en combinaison néoprène entre alors dans l'eau, les harponnent puis les tirent hors de l'eau, avant de les égorger à l'aide de leur couteau. Le simple fait de saigner un cétacé de 4 tonnes suffit à teindre la mer en rouge vif. Un groupe de globicéphales peut atteindre jusqu'à 50 individus. C'est toute l'eau bleue verte des îles Féroé qui vire alors au carmin. Attention, ces images peuvent choquer, cliquer ici...

Rite initiatique

Cette viande sera consommée. Mais la chasse, qui connaît son paroxysme au moment de la fête nationale, se transforme chaque année en véritable boucherie. Derrière son étiquette "traditionnaliste", cette chasse est considérée comme un rite initiatique par les jeunes garçons des îles. Celui qui tue son premier globicéphale devient un homme. Lorsque l'alarme est donnée, tout le village se précipite vers la plage d'échouage. L'école ferme ses portes, les enfants sont priés d'assister au macabre spectacle et chaque habitant, qu'il ait ou non participé à la chasse, se voit offrir une part de lard et de viande. Difficile de faire interdire cette pratique dès lors qu'elle est inscrite dans la tradition même de ces îles baleinières. Indépendamment de cette tradition, les Féringiens vivent dans la modernité, souvent en avance sur les nouvelles technologies. Mais la chasse au globocéphale est aux îles Féroé ce que la corrida est à l'Espagne. Deux sociétés de protection et de défense de la nature ont déjà mener de longs combats contre cette chasse traditionnelle : Sea Shepherd et l'EIA, l'Environmental Investigation Agency. Une pétition sérieuse contre la poursuite de cette chasse aux îles Féroé est en ligne sur le site de la Fondation Franz Weber.

Risques sanitaires

La seule dissuasion possible semble donc être le risque sanitaire encouru par les Féringiens lors de la consommation de viande de baleine. Les cétacés comme le reste de la faune de la mer du Nord ne réchappent pas à la pollution au mercure, due aux nombreuses usines chimiques présentes dans cette région. Depuis une dizaine d'années, le même syndrome que celui observé au milieu des années 60 dans la baie japonaise de Minamata, et plus récemment au Groenland, est observable chez les habitants des îles Féroé : dégénérescence précoce du système nerveux, naissances d'enfants malformés, diminution du taux de natalité... Autant de maux engendré par l'hydrargyrie, l'intoxication au mercure, qui se traduit par la folie et des dépôts blanchâtres sur la langue chez les individus adultes (maladie du Chapelier Fou d'Alice au Pays des Merveilles et des gardiens de phare). Le risque d'intoxication est valable non seulement en cas de consommation de viande de cétacé, mais aussi de toute ingestion de produits de la mer : poissons, coquillages...
Au Japon, les autorités ont remédié au mal en fermant les usines responsables de la pollution, en dédommageant en partie les familles touchées et en trouvant des substituts alimentaires aux populations dont le régime se composait à plus de 80% des produits de la mer. Si les Féroé venaient à adopter des mesures similaires, la "traditionnelle" chasse au globicéphale aurait une chance de n'être plus qu'un douloureux souvenir.

Source : 30 Millions d'amis

22/11/2008



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