Environ 15% des mammifères européens sont menacés de disparition dont 9% ont atteint un seuil critique. 22% des mammifères marins sont menacés. 27% des mammifères européens ont une population en déclin tandis que 33% ne bénéficient d’aucun statut parce que les données sont incomplètes. La biodiversité est plus riche dans le sud est de l’Europe. Les principales menaces identifiées sont la dégradation et la disparition des habitats naturels, la pollution, la surexploitation, les activités humaines, les espèces invasives.
Depuis le seizième siècle, trois espèces se sont éteintes : l’auroch, le pika sarde et au niveau régional, la baleine grise. Dans ces trois cas, c’est une chasse intensive qui a causé la disparition des animaux.
Parmi les espèces menacées, on retrouve sans surprise le lynx ibérique, le phoque moine de Méditerranée, la saïga, le loir, le vison d’Europe, plusieurs espèces de chauve-souris dont celle des Canaries, la baleine bleue, le bison, le glouton, l’ours polaire, le renard arctique... entre autres.
Les pays Européens se sont engagés à stopper le déclin de la biodiversité d’ici 2010 ; Force est de constater que le résultat est loin d’être à la hauteur de ces engagements. Cependant, la Commission Européenne a récemment décidé d’étendre de 90 000 km² les zones naturelles protégées dans l’UE, tandis qu’en France, on prévoit de mettre en place un observatoire de la Biodiversité et au niveau international, un Mécanisme mondial d’expertise scientifique sur la biodiversité (IMoSEB), est en cours d’élaboration.
Ces mesures suffiront-elles à enrayer le désastre ? Pas sûr lorsqu’on voit, entre autres, la fronde menée contre les grands prédateurs en Europe.
Un exemple parmi d’autres en France : le projet d’autoroute A65 qui devrait relier Pau à Langon est combattu par la population du village de Bostens et les associations de protection de l’environnement. Outre que le projet menace un remarquable milieu naturel, il risque surtout de condamner une colonie d’écrevisses à pattes blanches présentes sur le site ; ces animaux sont pourtant protégés... Les travaux devraient débuter en avril malgré les recours déposés par les opposants. Voilà un sujet prioritaire qui aurait dû être débattu au Grenelle de l’Environnement.
Plus loin, en Pologne, un autre projet d’autoroute menace une série de milieux naturels très riches en biodiversité : la Via Baltica, menace en effet la vallée de Rospuda, une zone naturelle remarquable et unique en Europe qui abrite des espèces rares et qui a été classée en Natura 2000.
Alors, les bonnes résolutions et les beaux discours ont leurs limites. Continuer à produire des textes législatifs, créer des organes administratifs au secours de la biodiversité ne riment à rien si les mauvaises décisions sont prises sur le terrain, à échelle locale, en dépit même des engagements de chaque Etat.
J’ai choisi ces exemples d’autoroutes car ils illustrent parfaitement les incohérences de nos gouvernements. La lutte contre le réchauffement climatique devrait logiquement figurer parmi nos priorités, or la plupart des gouvernements européens estiment devoir poursuivre leurs programmes de créations d’autoroutes selon une logique économique immuable, quand bien même le sort de l’humanité dépend de notre capacité à nous adapter à un mode de vie différent et à accepter l’idée que nous devrons nous tourner vers une société où voitures et camions ne représenteront plus que des modes de déplacements occasionnels. La protection de la biodiversité européenne passe par toute une série de mesures concrètes dans des domaines extrêmement variés. Il est temps de passer aux actes...
Source : AVES