Chaque année les préfets fixent la liste des espèces animales classées «
nuisibles » après avis du Conseil Départemental de la Chasse et de la Faune
Sauvage (CDCFS, majoritairement représenté par des chasseurs). Plusieurs
critères légaux doivent être remplis pour classer un animal en tant que
"nuisible" :
- Ses effectifs doivent êtres significatifs sur le territoire et,
- Il doit causer des dommages importants à la faune sauvage, à la flore, à
la santé et la sécurité publiques, aux activités agricoles, forestières et
aquacoles.
C'est sur l'absence de ces critères que l'ASPAS se base pour porter certains
arrêtés abusifs devant les tribunaux. L'année passée sur 10 arrêtés attaqués en
procédure d'urgence, l'ASPAS en a fait suspendre 6.
Malheureusement certains préfets, sous la pression des chasseurs et des
piégeurs, ne se soucient guère de ces décisions de justice et prennent en toute
connaissance de cause des décisions à l'opposé de leur fonction.
Un exemple parmi tant d'autres est sans nul doute celui du préfet de l'Ardèche :
- le 26 octobre 2004, le Tribunal Administratif de Lyon annule le classement
2003 pour le renard, la fouine et le geai des chênes.
- Moins d'un mois après, une nouvelle réunion du CDCFS propose ces mêmes
espèces au classement «nuisible». Le préfet cautionne et signe.
- 20 mars 2007, le tribunal annule l'arrêté concernant le renard, la fouine,
l'étourneau sansonnet, la pie bavarde et la corneille noire.
- 15 jours plus tard, nouvelle réunion et demande de reclassement de ces
espèces. Le nouveau préfet approuve...
- 26 septembre 2007, le tribunal suspend, d'urgence en référé, ce classement.
De tels préfets doivent-ils souffrir de troubles de la mémoire pour accéder à
leur fonction ?
Porter un arrêté préfectoral devant les tribunaux est une tâche qui s'avère
longue et laborieuse pour l'ASPAS, association à but non lucratif, qui traque
sans relâche ce genre de débordement. L'ASPAS agit depuis 25 ans pour la
réhabilitation des animaux dits « nuisibles ». Ces derniers jouent un rôle très
important pour l'équilibre naturel de leur écosystème et de leur environnement.
Il n'est pas admissible que des préfets, représentant l'État, déjouent ainsi la
législation au profit d'une poignée de chasseurs dont le plaisir principal est
d'éradiquer certaines espèces. L'ASPAS demande le simple respect du droit.
Source : ASPAS
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