animaux animaux

animaux

L’abandon des jachères menace la faune sauvage dans les campagnes





Le 13 septembre dernier, la Commission européenne a publié une proposition visant à ramener le taux de terres mises en jachères à 0 % pour l’année 2008. BirdLife International, dont le représentant officiel en France est la LPO, regrette cette décision qui risque de porter un coup fatal aux oiseaux et, d’une manière générale, à la faune et la flore sauvage des espaces agricoles, déjà en fort déclin.

La jachère, instituée en 1992 pour réduire la surface des terres cultivées et lutter contre la surproduction européenne de céréales, constitue une source de nourriture en hiver et un espace pour la nidification. Elle est particulièrement vitale pour les oiseaux nichant au sol, comme la perdrix grise (Perdix perdix), l’oedicnème criard (Burhinus Oedicnemus) et l’outarde canepetière (Tetrax tetrax). Cette espèce, au bord de l’extinction en France, n’a aucun autre endroit pour se reproduire et dépend de la jachère pour sa survie. Au Royaume-Uni, des chercheurs ont observé un fort déclin de l’avifaune lorsque les surfaces mises en jachère ont été divisées par deux dans les années 1990. Une récente étude suédoise a démontré le lien entre le niveau de jachère et le nombre d’oiseaux typiques des terres cultivées comme l’étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris), la linotte mélodieuse (Carduelis cannabina) le vanneau huppé (Vanellus vanellus) et l’alouette (Alauda arvensis). Vanneaux et alouettes nichent dans les jachères, où poussent des plantes rares. Quant aux bruants jaunes (Emberiza Citrinella) et proyer (Miliara Calandra), ils y trouvent leur nourriture.

La décision de la Commission risque donc de faire disparaître les derniers refuges de ces espèces dans les régions de cultures intensives. Ariel Brunner, représentant de BirdLife International pour la politique agricole européenne, souligne que « la Commission a reconnu les bénéfices environnementaux de la jachère et promis de faire une évaluation complète de cette dernière dans le cadre du bilan de santé de la PAC l’année prochaine ». Mais il estime que « cette décision hâtive risque d’entrainer des dommages immédiats et irréversibles sur le terrain, avant même que l’on connaisse les résultats de l’évaluation».

La Commission justifie sa décision par la crainte d’une pénurie des céréales sur le marché. Cette dernière pourrait alors déboucher sur une hausse des prix des produits alimentaires. Cette justification est, selon Ariel Brunner, « en complète contradiction avec les nombreuses déclarations faites par la Commission européenne sur les agro-carburants. A plusieurs reprises, elle a en effet soutenu que l’Europe avait un fort potentiel pour augmenter la surface agricole consacrée à la production d’énergie. Et il s’interroge : « alors que nous devons déjà faire face à une crise du secteur céréalier, comment justifier le fait de continuer à augmenter la production d’agro-carburants ? D’un autre côté, la Commission déclare que plus de 17,5 millions d’hectares dans l’Union européenne sont à priori disponibles pour l’expansion des agro-carburants. Comment justifier alors la précipitation pour exploiter les jachères sans aucune évaluation adéquate » ?

En fait, cette décision semble davantage avoir été prise dans l’urgence, sans recul quant à son incidence sur l’environnement et sans qu’une véritable analyse du système agricole européen n’ait été menée. Depuis les années 1970, les associations de protection de l’environnement demandent que la politique agricole fasse se mutation écologique. Malgré beaucoup de déclarations d’intention, il semble que beaucoup de chemin reste à parcourir.

On peut craindre que la suppression de fait des jachères ne résolve aucun des problèmes économiques et structurels de l’agriculture en Europe, et ne l’empêche de s’orienter vers les principes du développement durable. Il est cependant certain qu’elle aggravera fortement la situation des espèces sauvages qui y avaient trouvé leur ultime refuge. BirdLife International recommande donc vivement à la Commission et aux États membres d’introduire d’urgence des mesures compensatoires, dans le cadre, par exemple, de la conditionnalité des aides.

Bénéfices pour la biodiversité de la jachère dans l’Union Européenne :

Pendant la saison de reproduction, elle accueille de fortes densités et de nombreuses espèces d’oiseaux, comparé aux terres cultivées. Elle offre d’importantes opportunités de nidification pour des espèces emblématiques.

* La population française d’outardes canepetières, par exemple, en dépend cruellement.
* Une étude conduite par BirdLife Autriche montre que la jachère est le facteur le plus important pour la densité des rapaces hivernants, la diversité de l’avifaune des espaces agricoles et les densités de plusieurs espèces menacées ou en déclin comme l’outarde barbue ou la perdrix grise.
* La jachère est un des facteurs qui contribue à la récente stabilisation du nombre d’oiseaux des terres cultivées en Angleterre, après une longue période de déclin.
* Moineaux, fringillidés (pinsons, bouvreuils, gros-becs…) et bruants, par exemple, sont significativement beaucoup plus abondants sur les jachères en été que sur les champs de céréales en Angleterre. 80 % de la population de linotte hiverne sur ces surfaces, comparé à seulement 1 % dans les champs de céréales d’hiver.

Enfin la biodiversité sauvage ne se limite pas à la seule avifaune mais concerne aussi les sols, la flore et la faune qui subissent la même dégradation.

Source : LPO
2007-09-29 19:59:50


Envoyer cet article par e-mail

animaux
animaux   11 octobre 2008

Concert en faveur de l'association Antidote

Concert donné le samedi 18 octobre à 20h30 au Théâtre du Conservatoire National Supérieur d’Art par Michèle SCHARAPAN (piano), Martine BAILLY (violoncelle) et Thomas GAUTIER (violon).

            animaux

animaux   09 octobre 2008

Œufs de batterie : Carrefour n’en a plus

En prenant la décision de surseoir à la vente d’œufs de poules élevées en batterie, le groupe Carrefour suit ainsi l’initiative de 11 autres sociétés telles que Makro, Colruyt, Delhaize, LIDL, Aldi, Sodexo, IKEA, McDonald's, Quick, Carestel, Panos et répond positivement à la demande de l’organisation belge GAIA – Groupement d’Action dans l’Intérêt des Animaux.

            animaux

animaux