
L'hyperoodon boréal, une baleine réputée pour son comportement très amical,
compte désormais parmi les espèces en voie de disparition.
La décision de modifier le statut du mammifère qui après avoir été considéré
comme menacé, est maintenant en voie de disparition, a été prise par le Comité
sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).
Ce groupe d'experts s'intéresse aux animaux, aux espèces marines, aux plantes
et aux oiseaux. Vendredi, il a ajouté à sa liste 11 nouvelles espèces qu'il
considère en voie de disparition, ce qui porte le total à 415.
Les espèces inscrites sur la liste du COSEPAC sont classées comme: préoccupantes,
menacées, en voie de disparition, disparues du Canada ou complètement
disparues.
Environ 130 hyperoodons, que certains comparent affectueusement à des dauphins
qui ont pris des stéroïdes, vivent dans un canyon profond de l'Atlantique, au
large des côtes de la Nouvelle-Écosse. «Ils ressemblent à d'énormes Flipper»,
déclare Hal Whitehead, biologiste de la vie marine à l'Université Dalhousie.
Ces créatures sociables, aussi appelées baleines à bec à cause de leur
museau distinctif, sont souvent vues à proximité des navires.
Comme toutes les baleines, elles sont extrêmement sensibles au bruit et dépendent
de leur sonar pour trouver de la nourriture et communiquer entre elles.
Bien qu'il existe peu de données scientifiques sur l'impact que la pollution
par le bruit peut avoir sur ces baleines, des mammifères appartenant à la même
espèce ont été retrouvés morts à d'autres endroits.
On croit que plusieurs baleines à bec qui se sont échouées aux Bahamas en
2000 auraient été affectées par des tests de sonar menés dans une base
militaire avoisinante.
Et un juge a mis fin à une activité sismique scientifique dans le golfe du
Pacifique, en septembre, lorsque deux baleines à bec se sont échouées dans la
région.
La région où vit l'hyperoodon, au large de la Nouvelle-Écosse, est tenue à
l'écart de l'exploration pétrolière et gazière depuis cinq ans, pendant que
le gouvernement fédéral réfléchit à la possibilité d'en faire un secteur
protégé.
Mais le refuge des mammifères est entouré de zones où des compagnies pétrolières
et gazières sont autorisées à explorer le fond océanique, à l'aide de méthodes
d'exploration sismique. Cette activité est particulièrement intense durant l'été,
alors qu'une explosion se produit toutes les 10 secondes, pendant plusieurs
heures à la fois, souligne M. Whitehead.
Le bruit s'entend à des milliers de kilomètres de distance. Si on y ajoute
celui des paquebots et des navires, l'environnement marin est de plus en plus
bruyant.
«Toute cette activité pourrait affecter considérablement un grand nombre
d'animaux, comme elle pourrait aussi avoir peu d'impact. Nous ignorons ce qui en
est», dit M. Whitehead. Le fait que l'hyperoodon se retrouve parmi les espèces
en voie de disparition «tient compte des données scientifiques disponibles.»
Sue Bailey
Presse Canadienne
Ottawa