
INCONNUS des services vétérinaires et des services fiscaux, trois abattoirs clandestins à Montgé-en-Goële et un autre à Compans appartenant tous au même propriétaire viennent d'être démantelés par la brigade de gendarmerie de Dammartin-en-Goële.
Ce sont les services vétérinaires de Melun, alertés suite à une dénonciation, qui ont découvert le pot aux roses. L'affaire démarre en 1995 dans la Somme. Un éleveur de bovins de Sentelie décide de développer son exploitation. Pour ce faire, il s'installe dans une ancienne ferme de Compans, officiellement pour démarrer une activité d'abattage de bovins. Il demande aux services vétérinaires de Melun une autorisation d'exploiter un abattoir et déclare aux services fiscaux et à la MSA (NDLR : Mutualité sociale agricole, la Sécurité sociale des agriculteurs) que son activité de Compans n'est qu'une poursuite de celle de Sentelie. Détail qui a son importance, puisque cela lui évite de débourser les frais nécessaires à la création d'une nouvelle entreprise. Or les gendarmes vont découvrir que les animaux abattus à Compans sont des poulets. Rien à voir avec l'élevage de bovins de Sentelie. Le chiffre d'affaires de l'exploitation étant estimé à 600 000 ? par an, le préjudice auprès du fisc et de la MSA est énorme. Mais en mai 2002, l'affaire se corse. Aéroports de Paris veut récupérer les terrains de Compans. L'éleveur décide donc de transférer son activité à Montgé-en-Goële. D'un abattoir, il passe à trois. Mais, surtout, cette fois-ci ce sont non seulement le fisc et la MSA qui ne sont pas prévenus, mais aussi les services vétérinaires. Durant plus de six mois, il achètera, abattra et revendra à des particuliers des volailles, des lapins, des pintades et mêmes des moutons sans aucun agrément ni autorisation. Bien connu dans le département pour vendre ses produits moins cher qu'ailleurs, l'éleveur a été entendu la semaine dernière par les gendarmes. Les trois abattoirs de Montgé ont immédiatement cessé leur activité. Celui de Compans ne devrait pas tarder.
Alexandra Echkenazi
Le Parisien , vendredi 27 décembre 2002