L'UE plus gros importateur de plantes et d'animaux sauvages
Selon un nouveau rapport de TRAFFIC, le réseau de surveillance du commerce des espèces sauvages, l'Union européenne (UE) est le plus gros importateur d'animaux et de plantes sauvages, principalement de bois tropicaux, de caviar, de peaux de serpents et de reptiles vivants. Les Belges sont surtout amateurs d'ivoire
Le rapport, Opportunity or threat: The role of the European Union in the global wildlife trade, analyse pour la première fois le volume et la portée du commerce de produits dérivés de plantes ou d'animaux sauvages.
Entre 2003 et 2004, les autorités européennes ont saisi plus de 7000 cargaisons illégales. Au total, ce sont 3,5 millions de spécimens repris dans la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore sauvages menacées d'Extinction (CITES) qui ont été saisis. En Belgique, les prises concernent principalement l'ivoire. Ce sont les conclusions d'une étude menée par TRAFFIC à la demande du Service public fédéral de Santé publique. Entre 1989 et 1992, notre pays représentait une réelle plaque tournante pour le commerce illégal d'ivoire, principalement entre l'Afrique et l'Asie. En Belgique, beaucoup de reptiles ont également été saisis principalement en provenance du Congo.
Le commerce légal de produits dérivés de plantes et d'animaux sauvages, représente un chiffre d'affaire d'environ 90 billions d'euros en 2005, uniquement pour l'UE. Les Européens importent des produits très variés tels que le caviar de la mer Caspienne, les sacs et les chaussures en peau de serpent, les reptiles rares vendus comme animaux de compagnie ou les queues de billard en ramin, arbre tropical provenant des forêts d'Asie du Sud-Est.
TRAFFIC estime que de 2000 à 2005, 3,4 millions de peaux de lézards, 2,9 millions de peaux de crocodile et 3,4 millions de peaux de serpent, espèces toutes reprises dans la CITES, ont été importées en Europe, ainsi que 300000 serpents vivants vendus comme animal de compagnie.
Pendant cette même période, l'UE a importé 424 tonnes de caviar d'esturgeon (plus de la moitié des importations globales). Uniquement en 2004, plus de 10 millions de mètres cube de bois tropical provenant d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Asie, pour une valeur d'1,2 million d'euros ont été vendus.
"Avec l'élargissement de l'Union européenne, la demande d'animaux et de plantes sauvages a augmenté," constate Rob Parry-Jones, responsable de TRAFFIC Europe. "Une grande partie de ce commerce est légale. Mais la demande d'animaux de compagnie exotiques, de bois et d'autres produits continue à s'amplifier. Le commerce illégal est donc aussi en pleine croissance et représente une menace importante pour la survie de certaines espèces comme les reptiles et les esturgeons."
Pourtant, le commerce bien régulé peu s'avérer très bénéfique pour les populations et l'économie locales ainsi que pour la conservation.
Par exemple, l'UE importe 95% de la production de laine de Vicuña (équivalent sauvage du Lama). Ce commerce offre un revenu à 700 000 personnes parmi les communautés andines. Il est régulé par la CITES en Bolivie, au Pérou, en Argentine et au Chili. Son développement a été appuyé par l'Italie, l'Allemagne et la Commission européenne.
"La demande de produits dérivés de plantes ou d'animaux sauvages dans l'UE a un grand impact sur l'environnement et sur les populations aux quatre coins du monde,"fait remarquer le Dr Susan Lieberman, directrice du Programme Espèces du WWF. "L'UE jour un rôle clé : elle doit assurer que la demande excessive ne cause pas une surexploitation de l'environnement sauvage en dehors de ses frontières et a la responsabilité d'aider les pays à gérer leurs ressources."
Plus de 170 gouvernements se sont donné rendez-vous aux Pays-Bas, du 3 au 15 juin, pour la conférence tri-annuelle des membres de la CITES. C'est la première fois que cette conférence se tient sur le territoire européen.
Source : WWF
2007-06-02 14:34:50