
Caroline Paquette, une élève de l'école Sacré-Coeur qui vient donner un coup de pouce à la SPA, avec un petit chat abandonné. Ci-contre, trois chiens recueillis par la SPA.
Si la Société protectrice des animaux (SPA) de Granby a de moins en moins de problèmes avec les retours d'animaux donnés en cadeaux, il en va tout autrement pour les bêtes abandonnées pendant le temps des fêtes.
"C'est un problème important, admet Paule Martin, porte-parole de la SPA de Granby. En tout cas, ça a été notre lot cette année, surtout pendant la période des fêtes."
La manière la plus facile de se débarrasser d'un animal indésirable reste encore tout simplement de le laisser à la rue. Mme Martin trouve cela inconcevable.
"À un moment donné, les gens ne peuvent continuer à vivre avec leur animal et s'en débarrassent, atteste-t-elle. C'est d'une inconscience et d'une irresponsabilité totales! Le sens du civisme n'est vraiment pas là..."
Elle cite l'exemple des lapins offerts à Pâques. Il sont beaux, gentils et doux. Ils passent l'été sur le balcon, mais quand arrive l'hiver, il faut les garder à l'intérieur. C'est à ce moment que les propriétaires s'aperçoivent de l'odeur particulière des lapins... et que ces derniers prennent la porte.
"Certains ont également la mauvaise habitude de ne pas prévoir de personne ressource pour l'animal lorsqu'elles s'absentent pour le temps des fêtes, poursuit Mme Martin. Les bêtes hurlent à longueur de journée, et on nous appelle pour aller les récupérer."
Recrudescence
Tout porte Mme Martin à croire que 2002 sera l'année la plus occupée depuis 1999 pour tous ces minous et toutous délaissés par leurs maîtres. Bien qu'elle n'ait pas encore de données officielles pour l'année qui vient de se terminer, la SPA de Granby estime avoir accueilli près de 600 chiens et 900 chats pour la seule ville de Granby.
Un contraste frappant avec les années passées: 873 minous et pitous abandonnés en 1999, 836 en 2000 et 926 en 2001. "Cela a certainement augmenté cette année, estime-t-elle. Tenez, une fois, on a recueilli 22 chats dans une boîte en bois cet été. Le total peut croître très rapidement."
Moins de cadeaux
Paule Martin explique que la SPA de Granby, qui couvre 52 municipalités, ne reçoit presque plus de pensionnaires donnés en cadeau pour Noël. "Nous n'en avons pas eu beaucoup cette année, souligne-t-elle. Je crois que la forte sensibilisation concernant les cadeaux de Noël faits à mauvais escient a fait son oeuvre."
Les propriétaires de boutiques animalières de la région confirment que les gens y pensent deux fois avant d'acheter un animal comme cadeau. "C'est très réfléchi, affirme Michel Huard, propriétaire de l'Animalerie de Cowansville. Il n'y a plus beaucoup d'achats sur un coup de tête."
"On vend encore des lézards et des serpents, mais les parents se sont renseignés longtemps avant d'acheter, poursuit-il. Ils doivent payer les insectes pour nourrir ces bêtes. Même pour un chien, il faut débourser 500 $. Alors aussi bien savoir dans quoi on s'embarque."
Malgré cela, le marché des caméléons, geckos, lézards et autres reptiles reste lucratif.
"On en vend, mais moins que des chats et des chiens, précise Henri Cohan, propriétaire de l'animalerie Safari de Granby. Il y a deux catégories d'acheteurs. Ceux qui ont les cheveux verts ou des pics sur la tête, et les petits de 10 ou 12 ans qui veulent faire différent pour épater leurs amis."
Charles Poulin
La Voix de l'Est
GRANBY