Le Destin des Espèces Menacées d’Extinction Est « Entre Nos Mains »
Le 3 juin 2007, plus d’un millier de délégués se réuniront à La Haye
pour déterminer le destin d’un grand nombre d’espèces animales et végétales menacées de
surexploitation suite au commerce international. Les Parties à la Convention sur le Commerce
International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d’Extinction (CITES)
examineront les propositions concernant la protection mondiale des éléphants d’Afrique, des
grands félins d’Asie, des grandes baleines, des lynx d’Amérique du Nord, des léopards, des
rhinocéros, des requins, des coraux, des loris lents et de divers végétaux ligneux et non
ligneux.
“Généralement considérée comme étant le traité de conservation internationale le plus étendu,
la CITES est d’une importance capitale. C’est peut-être le meilleur outil global pour protéger
les espèces sauvages des impacts potentiellement préjudiciables du commerce », remarque
Will Travers, Directeur Général de la Fondation Born Free basée au Royaume-Uni et
Président du Réseau pour la Survie des Espèces (Species Survival Network ou SSN).
Le SSN est une coalition internationale de plus de 80 organisations localisées dans plus d’une
trentaine de pays, qui oeuvre pour garantir l’application stricte de la CITES. Un examen
détaillé de chaque proposition et document de travail pour la prochaine session CITES est
disponible en anglais, français, espagnol et arabe au site
.
La proposition sur la reprise du commerce d’ivoire d’éléphants d’Afrique figure parmi les
propositions les plus controversées devant être examinées. Le Botswana et la Namibie ont
demandé un relâchement des contrôles du commerce international. Beaucoup qualifient cette
mesure de désastreuse pour la population mondiale d’éléphants. Travers ajoute : « Les
propositions visant à assouplir davantage l’interdiction actuelle du commerce d’ivoire
d’éléphant sont particulièrement indéfendables étant donné qu’il est prouvé que les saisies
d’ivoire illicite sont à leur plus haut niveau depuis que l’embargo a été introduit pour la
première fois il y a 17 ans. ». « Permettre un commerce d’ivoire légal augmentera davantage
la pression à laquelle font déjà face plusieurs populations d’éléphants d’Afrique et d’Asie. Les
Parties à la CITES veulent-elles réellement contribuer en toute conscience à un massacre
digne de leur remémorer les jours où d’innombrables carcasses d’éléphants jonchaient sans
aucune cérémonie la savane africaine? »
Entre-temps, le Kenya et le Mali, appuyés par de nombreux autres pays africains de l’aire de
répartition de l’éléphant, ont proposé l’établissement d’un moratoire de 20 ans sur toute
considération supplémentaire de la reprise du commerce d’ivoire d’éléphants. Cette
proposition est fortement appuyée par le SSN.
La session de cette année s’annonce être considérablement dominée par des questions qui
touchent aux espèces marines. Le Japon a soumis un document dangereux proposant un
processus pour détourner les prohibitions internationales sur la chasse à la baleine et sur le
commerce international des produits de baleines. Les Parties à la CITES devront également
examiner une augmentation de protection du poisson-scie, de deux espèces de requins (le
Requin-taupe commun et l’Aiguillat), du corail rouge, du poisson-cardinal et de la population
brésilienne de langouste.
“Les espèces surexploitées telles que le poisson-scie bénéficieront d’une prohibition
internationale sur les transactions commerciales », remarque Travers. Les poissons-scies sont
utilisés pour répondre aux demandes du commerce international des dents, des rostres, des
ailerons, et des autres parties du corps utilisées pour les remèdes traditionnels, et des animaux
vivants pour les aquariums. La viande du Requin-taupe commun et de l’Aiguillat est
consommée en Europe (l’Aiguillat est vendu sous le terme impropre de « saumon de roche
ou rock salmon» dans les « fish and chips » britanniques), alors que leurs ailerons sont
exportés en Asie pour les soupes d’ailerons de requins.
Le monde entier aura les yeux fixés sur La Haye pendant deux semaines à compter du
dimanche 3 juin, pour suivre les délibérations entreprises par les Parties à la CITES. L’avenir
de quelques-unes des espèces sauvages les plus menacées est en jeu, et pendant toute la durée
de la CdP14 de la CITES des millions de personnes de par le monde pourront suivre
quotidiennement les évolutions de ces négociations sur le blog de SSN.
Communiqué SSN
2007-05-21 07:54:00