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Menaces sur les tortues luth au Gabon





La tortue Luth (Dermochelys coriacea) fait partie des espèces les plus menacées au monde (moins de 30 000 femelles reproductrices à l’heure actuelle). Pouvant atteindre 2,4 mètres de long et plus de 700 kg (en moyenne : 2 m et 400 kg), la plus grande des tortues n’a qu’un très faible taux de survie (pour 2 000 œufs pondus un adulte est en mesure de se reproduire tous les 3 ou 4 ans).

Cette espèce est aujourd’hui intégralement protégée au niveau mondial, et ne possède plus qu’une seule grande population dans l’Atlantique qui se reproduit principalement sur les côtes de la Guyane.

Outre les nombreux prédateurs de sa progéniture (oiseaux et chiens errants qui s’attaquent aux bébés tortues lors de l’éclosion des oeufs...), elle souffre également de la pollution, en particulier par les sacs en plastique qu’elle prend pour des méduses (son plat favori) et qui l’étouffent lors de l’ingestion. Ajoutons que malgré sa protection intégrale, les gens (autochtones en Guyane, trafiquants, pêcheurs...) ne se privent pas de ramasser les œufs et tuer les tortues.

Le parc national de Pongara abrite une petite colonie de tortues luth. Le parc s’ouvre sur l’océan atlantique et ses plages constituent un site d’importance mondiale pour la reproduction des tortues marines.

La ponte des tortues luth (d’octobre à février) est un spectacle fascinant, mais qui attire un public de plus en plus nombreux. Touristes et visiteurs s’attroupent autour des femelles, utilisant des lampes-torches, photographiant au flash (les pontes ont lieu la nuit), causant de graves perturbations

Les tortues pondent leurs œufs dans le sable et après l’éclosion, les petites tortues gagnent immédiatement l’océan.

Le problème est que ce site attire énormément de visiteurs et de touristes en provenance de Libreville, et la plupart des ces personnes ne sont guère respectueuses des animaux.

Par ailleurs, ces plages sont le lieu de rendez-vous des habitants de Libreville qui viennent pratiquer des loisirs motorisés. C’est ainsi que des hôtels et des cases privées ont été construits.

L’association Gabon Environnement en partenariat avec le parc national de Pongara tentent actuellement de remédier à cette situation grâce à un programme de sensibilisation et un système de surveillance des lieux de ponte. Ce travail commence déjà à porter ses fruits puisque Gabon Environnement a constaté une très nette diminution de passages de véhicules tout terrain sur la plage au cours des sept derniers mois.

Les maladies infectieuses, les pollutions marines, le réchauffement climatique sont autant de menaces susceptibles d’affecter gravement la population de tortues luth et son milieu naturel.

Le statut sanitaire des tortues au Gabon fera l’objet d’un programme scientifique qui permettra d’étayer solidement des mesures de conservation plus adaptées.

Les billes de bois échouées sur les plages posent un autre problème. Ces grumes issues de l’exploitation des forêts sont normalement transportées par voie d’eau. Ces billes se détachent accidentellement des radeaux et dérivent en mer avant de s’échouer sur les plages où elles constituent de véritables barrages pour les tortues marines qui s’épuisent à les contourner, ou les dissuade de venir pondre. Seule le site de Pongara est touché par ce problème.

La plage de Mayumba, autre lieu de ponte pour les tortues luth, a connu plusieurs marées noires en quelques années dont la dernière a eu lieu en janvier 2007. Les compagnies pétrolières refusent de reconnaître leurs responsabilités et les autorités locales ne semblent guère soucieuses de poursuivre les contrevenants. L’exploitation du pétrole dans les parcs nationaux est un sujet sensible dans ce pays où ce combustible tient une grande place dans l’économie gabonaise. Ces marées noires viennent s’ajouter aux menaces pesant déjà sur les tortues marines et il devient urgent d’y remédier.

Source : AVES
2007-05-18 20:28:50


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