Réaction du WWF quant au rapport de l’OCDE: la Suisse est trop frileuse dans le domaine de la protection de la nature
Ces derniers dix ans, la Suisse a laissé passer beaucoup d’occasions de s’améliorer dans le domaine de la protection de la nature. C’est le bilan que le WWF dresse du rapport sur les performances environnementales publié aujourd’hui par l’OCDE. La situation est inquiétante, surtout en matière de diversité des espèces. Le WWF attend de la Confédération et des cantons qu’ils aient le courage d’agir.
En Suisse, plus d’une espèce sur deux est en voie d’extinction, ou en tout cas menacée. Walter Vetterli, responsable «Alpes» au WWF Suisse, donne quelques exemples: «les batraciens, reptiles et poissons tels que le crapaud calamite, la couleuvre tesselée ou le nase pourraient disparaître ces prochaines années en Suisse, si leurs conditions de vie et celles d’autres espèces ne sont pas améliorées.» Les habitats tels que les forêts alluviales, les marais et les prairies sèches diminuent toujours et sont menacés. Or, ces espaces abritent une grande partie de la diversité des espèces en Suisse.
Selon Walter Vetterli, la raison principale pour la menace de la biodiversité en Suisse réside dans le manque de grandes aires protégées et de réserves forestières: «Aujourd’hui, la nature a besoin de chaque mètre carré afin de pouvoir s’adapter aux conséquences de la dispersion de l’habitat et des changements climatiques. De plus, la protection de la nature et de l’environnement ne doit pas s’arrêter aux frontières nationales. Grâce au programme de protection des espèces Emeraude, nous disposons d’un instrument qui encourage la création d’un réseau international. Le WWF attend de la Confédération et des cantons qu’ils accordent plus de priorité à ce programme.
Le WWF Suisse observe d’un œil inquiet la disparition progressive des habitats et des espèces. Walter Vetterli note encore: «En ce qui concerne la protection de la biodiversité nous ne pouvons pas, comme pour les changements climatiques, miser sur des innovations techniques. Nous devons accorder plus d’espace à la nature. En créant, comme prévu, des parcs nationaux, des parcs naturels régionaux et périurbains, on peut faire un pas courageux en avant.» Le WWF et d’autres associations de la protection de la nature et de l’environnement s’engagent au niveau politique pour que la nature ait la priorité dans les futurs parcs, et que la perte de la biodiversité soit stoppée.
Source : WWF
2007-05-11 22:40:50