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Le soja menace la forêt amazonienne





Malgré la mise en place de nouvelles lois censées protéger davantage la forêt amazonienne, la déforestation ne cesse de gagner du terrain.

La loi brésilienne qui oblige les propriétaires terriens ruraux à maintenir le couvert forestier originel sur une partie de leur terre - entre 20 et 80% selon la région - a longtemps été ignorée, et n’est aujourd’hui que faiblement appliquée grâce aux mesures énergiques prises par les autorités gouvernementales. Cependant, la majorité des propriétaires préfèrent continuer à raser la forêt et payer des amendes.

Le Brésil est le deuxième producteur mondial de soja juste derrière les Etats-Unis. Ce nouvel « or vert » attire des gauchos, des fermiers qui remontent la voie transamazonienne, la BR 163, longue de 1770 kilomètres, qui est sur le point d’être entièrement asphaltée (déjà 800 km de route sont goudronnés), permettant ainsi aux camions d’acheminer le soja vers le port de Santarem. Ce sont des capitaux privés qui financent ce projet, notamment Cargill, la multinationale de l’agro alimentaire qui est bien implantée dans le pays et le groupe Maggi, détenu par le gouverneur du Mato Grosso, Blairo Maggi. Son domaine couvre une superficie de 400 000 ha, ce qui fait de Maggi le plus gros producteur mondial de soja. Or, l’expansion de l’agriculture (essentiellement l’élevage de bovins et la culture de soja) procure des richesses certes, mais à une minorité d’individus tandis qu’elle appauvrit davantage les petits paysans, obligés de céder leurs terres, et les peuples autochtones forcés de quitter leurs territoires ancestraux.

Par ailleurs, ces voies d’accès qui zèbrent la forêt amazonienne permettent à des trafiquants de toute sorte de poursuivre leurs activités : trafic illégal d’animaux sauvages, de drogue...

L’élevage de bétail a toujours été considéré comme la première cause de déforestation de l’Amazonie, mais depuis quelques années, la culture de soja est accusée de provoquer autant de dégâts que l’élevage. Ces deux facteurs sont responsables du déboisement de 80 millions d’hectares au Brésil.

Pour autant, il y a bien des ONG ou des organismes officiels qui tentent d’inverser le cours des choses. Par exemple, l’IBAMA (Instituto Brasileiro do Meio Ambiente et dos Recursos Naturais Renovàveis) est un organisme gouvernemental chargé, entre autres missions, de veiller sur la forêt amazonienne. Mais les moyens de l’IBAMA sont dérisoires et la corruption gangrène ses services. Pour preuve, les autorités Brésiliennes ont procédé à une série d’arrestations de grande ampleur en 2005, mettant fin aux agissements d’un gang responsable de la plus grosse opération de déboisement illégal de la région du Mato Grosso. 89 personnes ont été arrêtés, dont des hommes d’affaires, des bûcherons et 40 employés de l’IBAMA ! Le gouvernement brésilien tente de concilier la protection de l’environnement et les intérêts économiques. En février 2006, le président Lula annonçait de nouvelles zones protégées, près de 6.5 millions d’hectares de forêt primaire, tout en permettant certaines activités (concessions limitées accordées à des compagnies forestières) dûment controlées...

Les ONG locales dénoncent les effets pervers de la culture de soja : le recyclage naturel de la forêt produit des nutriments qui enrichissent le sol et permettent de nourrir d’autres végétaux. Si ce cycle est interrompu (donc lorsque la forêt est rasée), le sol s’appauvrit au bout de quelques années et il est alors nécessaire d’utiliser des fertilisants et des engrais pour les plantations de soja. Malgré ces produits chimiques, la terre finit par s’épuiser au bout de 5 ou 6 ans, faisant perdre toute rentabilité au soja et créant de graves déséquilibres au sein des écosystèmes.

Cette destruction de la forêt amazonienne appelle inévitablement la violence : conflits entre éleveurs et grileiros (personnes qui s’approprient illégalement les terres par la corruption, l’intimidation et la falsification des titres de propriété), assassinats des opposants (Chico Mendes et sœur Dorothy Stang, pour ne citer que les plus célèbres), conflits avec les peuples autochtones qui tentent de défendre leurs terres...

L’avenir de la forêt amazonienne semble bien gris. Les solutions existent pourtant, mais les appétits financiers des grosses multinationales freinent considérablement toute initiative en faveur de l’environnement. Un espoir cependant : la gestion raisonnable pratiquée par les peuples autochtones sur leurs terres pourrait être reproduite par les propriétaires terriens, et

Sources : RISAL/National Geographic/IBAMA/FAO/
2007-03-21 09:34:50



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