Cirque : la poudre aux yeux du ministère
Un collectif d'associations de protection animale dénonce la faiblesse du projet d'arrêté de Nelly Olin sur les animaux de cirques.
Alors que les associations de protection animale ont collectivement travaillé sur des propositions concrètes (lire les propositions) concernant la révision imminente de l'arrêté du 21 aout 1978 (réglementant les installations mobiles notamment les conditions de fonctionnement des cirques), notre Ministre de l'Ecologie Madame Nelly Olin annonce en date du 26 février 2007 qu'elle envisage d'interdire par arrêté la présence des girafes, des hippopotames et des rhinocéros dans les cirques.
Toutes les associations de protection animale s'entendent pour réagir à cette décision jugée complètement vide de sens puisqu'elle ne concerne que 2 girafes, une dizaine d'hippopotames (dont un seul légalement déclaré) et ZERO rhinocéros (depuis 2004). D'après le ministère, " ces espèces au sein de tels établissements itinérants nécessitent des conditions d'entretien difficiles à réunir ".
N'est ce pas le cas également pour d'autres espèces sauvages ?
Ne remettant pas en cause l'urgence de la situation de ces 3 espèces, il est tout de même honteux et injuste de laisser sur le bas côté plus de 1200 animaux parmi lesquels plus de 500 félins (les plus nombreux), plus de 130 serpents, près de 100 singes, plus de 40 ours, 30 éléphants.
Respecte-t-on les besoins physiologiques et psychologiques des autres espèces SAUVAGES enfermées la plupart du temps dans des cages exigües et forcées à exécuter des tours contre nature en public ?
Plusieurs rapports et vidéos attestent des conditions de vie inacceptables pour ces animaux condamnés à être exploités comme des esclaves, bien souvent victimes de dressages violents (utilisation du feu, de piques ou de crochets, de coups) et de dommages psychologiques engendrés par la captivité.
Pensez-vous qu'un ours fasse du patin à glace, qu'un félin saute à travers un cercle de feu, ou toute autre aberration issue de l'imagination délirante de l'homme, sans qu'il n'y soit contraint par la peur de la punition, avili par la terreur de l'homme ?
Ainsi les associations rejettent de façon collective la proposition de Nelly Olin et demandent qu'un véritable dialogue soit établi entre tous les acteurs sur cette question et qu'à terme la France abandonne l'utilisation des animaux sauvages dans les cirques.
A l'heure où des pays membres de l'Union Européenne comme le Danemark, la Finlande, la Grande-Bretagne, l'Autriche, la Suède et la Norvège ont déjà voté des lois limitant ou interdisant complètement la présence des espèces sauvages dans leurs cirques, la France fait encore figure de " pays en voie développement " en matière de protection des espèces sauvages.
Le Président du Syndicat national du cirque affirme que les cirques sans animaux n'ont pas autant de spectateurs que les autres et que sans subventions ils disparaitraient, laissant sous entendre qu'ils sont moins attractifs vis-à-vis du public. La raison n'est certainement pas à chercher dans la qualité du spectacle mais plutôt dans le fait que le public n'est pas encore assez informé de ce qu'il se passe dans l'envers du décor que les dirigeants de cirque cherchent à dissimuler derrière les lumières et les costumes ! Parce que si le public aime voir les animaux (raison pour laquelle les spectateurs privilégieraient les cirques avec animaux), il changerait d'avis quant au choix de leur spectacle si la vérité leur était révélée.
Et c'est précisément ce à quoi nous nous employons à faire au quotidien !
Source : Fondation Brigitte Bardot
2007-03-10 18:07:12