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Création du Parc Amazonien de Guyane : une avancée importante dans la protection des forêts tropicales





Le WWF se réjouit de la création du Parc Amazonien de Guyane car il formera, avec les aires protégées adjacentes du Brésil, comme le parc des Tumucumaque, la plus grande zone de forêt tropicale protégée au monde soit plus de 12 millions d’hectares en superficie. Le parc, en lui-même, comporte une zone cœur de près de 2 millions d’hectares et une zone de libre adhésion de 1,3 millions d’hectares.

La protection du patrimoine naturel du parc, mondialement reconnu, et l’accompagnement d’un développement respectueux des modes de vie des communautés locales seront deux enjeux du projet qui devront rassembler les acteurs guyanais. La mise en réseau et la création de vastes zones protégées sont un point essentiel pour la conservation des milieux rares, le maintien de processus écologiques et la survie à long terme d’espèces ayant besoin de grands territoires, comme le jaguar ( Panthera onca) ou encore l’aigle harpie ( Harpia harpyja).

Peu après les conclusions alarmistes du GIEC (le Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat), la création d’un Parc Amazonien de Guyane apparaît comme une avancée déterminante pour la lutte contre la déforestation, l’un des principaux facteurs du réchauffement climatique planétaire. « L’aboutissement de ce projet constitue une satisfaction pour l’ensemble du réseau WWF qui accompagne ce projet depuis plus de 15 ans. Néanmoins, l’absence d’extension du cœur de Parc aux zones de vie des populations autochtones du Sud Ouest de la Guyane constitue une faiblesse notable », souligne Serge Orru, directeur général du WWF-France.

Cependant, il est impératif que la création de ce parc soit accompagnée d’un renforcement de la lutte contre l’orpaillage illégal.

En Guyane, la filière aurifère légale emploie 400 personnes déclarées mais elle a un fort impact sur l’environnement et la santé des autochtones. En effet, l’orpaillage est une opération composée de plusieurs étapes qui nuisent gravement à l’environnement. Tout d’abord la déforestation du site à exploiter, puis l’ouverture d’une « barranque » qui est une fosse creusée dans l’argile, enfin l’exploitation du gisement et le traitement de l’or. Toutes ces étapes dégradent la nature notamment par l’utilisation de mercure, pourtant interdite depuis janvier 2006, l’érosion des sols et l’asphyxie des rivières.

Cependant, l’orpaillage illégal est le plus dangereux car ce dernier utilise systématiquement du mercure et toute l’exploitation de l’or se fait sans aucun respect des normes environnementales . Il fait venir des clandestins majoritairement brésiliens, entre 6 .000 et 20 000, qui vivent dans des conditions d’hygiène, de travail et de sécurité extrêmement précaires, exploités pas des patrons peu scrupuleux. Au-delà des dégâts sanitaires (contamination au mercure) et des atteintes portéesà l’environnement, l’exploitation clandestine s’accompagne d’une série de trafics (vols, braquages, meurtres, prostitution,…).

« La création du Parc Amazonien représente un engagement fort pour la conservation à long terme du massif forestier de Guyane. Toutefois, malgré les efforts déjà déployés, la situation sur le terrain reste alarmante», souligne Laurent Kelle, responsable du bureau WWF en Guyane. « C’est par une coopération forte avec le Brésil et le Suriname que l’on parviendra à lutter efficacement contre l’exploitation illégale de l’or et, à terme, à optimiser la gestion de ce grand réseau d’aires protégées ».

A travers son programme pan-amazonien d’aires protégées (ARPA), le WWF appuiera l’ensemble des acteurs pour que ce nouveau Parc Amazonien associe les populations résidentes et contribue rapidement à l’amélioration des conditions de vie des communautés concernées.

Source : WWF
2007-03-04 10:02:12


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