Une mine d’or responsable de la pollution d’un écosystème au Honduras
La firme canadienne Goldcorp doit faire face à de sérieuses accusations en matière de violation du droit environnemental au Honduras, à tel point que les autorités envisagent une action en justice.
La firme qui exploite la plus grande mine d’or au Mexique, occupe aujourd’hui la troisième place mondiale des compagnies minières. Selon les ONG locales, une étude menée sur les villageois de San Ignacio dans la vallée de Siria, vivant à proximité de la mine d’or et d’argent, a révélé un taux anormal d’arsenic et de plomb dans le sang des personnes soumises aux tests. Cet élément vient s’ajouter au volumineux dossier constitué depuis 1999 par les opposants à la mine. La mine à ciel ouvert de San Martin au Honduras est responsable de la contamination des sources d’eau voisines, due à l’utilisation de solutions de cyanure, un produit toxique mortel couramment utilisé dans l’exploitation des mines d’or. Depuis 2001, la firme a déjà extrait 15 000 kg d’or, et les habitants de la vallée se plaignent régulièrement de la dégradation de leur santé.
Goldcorp et sa filiale Glamis possèdent également la mine de Marlin au Guatemala où des incidents entre opposants et forces de l’ordre ont déjà fait deux victimes et de nombreux blessés. Un autre projet minier est en cours de création dans l’Etat de Zacatecas au Mexique.
Evidemment, les dirigeants de Goldcorp ont contesté les résultats des tests sanguins qui ont été envoyés à des experts en Colombie pour confirmation. Le ministère de l’environnement du Honduras attend l’avis des experts avant de prendre toute décision.
La firme Goldcorp nie toutes ces accusations et affirme avoir travaillé selon les standards nord américains. Dans le cas de la mine Marlin le vice-président de Goldcorp précise même que les tests ayant démontré la pollution de la rivière Tzalà ont été réfutés et que les communautés locales ont voté en faveur de la mine. Cependant, les représentants des communautés voisines du site minier affirment ne pas avoir été consultés préalablement à l’exploitation des mines. Près de 60% des compagnies minières qui opèrent dans le monde sont canadiennes. Les profits générés sont évalués à plus de 40 milliards de dollars par an, ce qui représente 4% du PIB du Canada. La représentante de la coalition des associations de protection de l’environnement et de défense des droits de l’homme déclare qu’une large majorité des citoyens canadiens ignorent les agissements des compagnies minières en Amérique du sud, le sujet étant très peu relayé par les medias.
Cependant, des changements sont tout de même perceptibles depuis peu de temps au sein des medias, depuis qu’en 2006, des forums publics ont permis à des citoyens d’Amérique Latine, affectés par les exploitations des mines, du pétrole et du gaz, de venir témoigner. Selon les activistes, les firmes canadiennes profitent du laxisme des autorités locales pour négliger certains aspects environnementaux de l’exploitation des mines. Mais le gouvernement canadien est en train d’examiner le rapport officiel concernant les opérations du secteur minier hors du Canada. Ce rapport est le fruit d’une collaboration entre les ONG, les compagnies minières et les représentants du gouvernement canadien et cette démarche n’a aucun précédent dans toute l’histoire du Canada. Les ONG espèrent que ce rapport, dont le contenu n’a pas été révélé, permettra d’apporter des améliorations notables sur les mesures et critères nécessaires à la préservation de l’environnement.
Source : Tierramérica
2007-03-03 10:24:15