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GAIA et Animaux en Péril ont dénoncé ce matin les pratiques de bourgmestres de Mons, La Louvière, Charleroi, Hensies et Wavre





Ils annoncent publiquement que les abattages sont interdits tout en mettant à la disposition des habitants des conteneurs.

L'infraction majeure étant en passe de se produire dans plusieurs villes wallonnes a justifé une action de GAIA et Animaux en Péril. La pratique est sournoise mais efficace. Les autorités communales de Mons, La Louvière, Charleroi, Hensies, et Wavre annoncent publiquement que les abattages sont interdits tout en mettant à la disposition des habitants des conteneurs. Cette autorisation implicite d'abattage à domicile est formellement interdite par l'arrêté royal relatif à certains abattages prescrits par un rite religieux. L'article 1er est on ne peut plus clair : « Les abattages des ovins prescrits par un rite religieux ne peuvent être effectués que dans un abattoir public, dans un abattoir privé ou dans des établissements agréés par le Ministre qui a l'Agriculture dans ses attributions, après concertation avec le Ministre qui a la Santé publique dans ses attributions ». Cette infraction a justifié notre présence aujourd'hui sur la Grand Place de Mons de 11h15 à 12h00. Une trentaine de militants portaient des masques de moutons et des nœuds papillons ensanglantés tout en exhibant des slogans à l'attention d'Elio Di Rupo et des autorités des autres villes en infraction. Cette manifestation pacifique et symbolique avait pour objectif d'interpeller le Bourgmestre de Mons.

Notre présence a mis les autorités de la ville en émoi et a intrigué les foules. Vu le déplacement à l'étranger du Bourgmestre empêché Elio Di Rupo, c'est la Bourgmestre faisant fonction, Catherine Houdart qui s'est prononcée sur la question épineuse de la présence de conteneurs à Mons. Comme nous pouvions nous y attendre, le manque de moyen et la salubrité publique sont autant d'excuses avancées par les autorités de la ville. Michel Vandenbosch, Président de GAIA et le directeur d'Animaux en Péril, Jean-Marc Montegnie n'en reviennent pas : « Depuis 1988, les communes doivent faire interdire l'abattage à domicile. Rudy Demotte, le Ministre de la Santé publique et du bien-être animal, a envoyé une missive il y a trois ans rappelant cette interdiction aux autorités communales et il a encore rappeler explicitement dans son vade-mecum qu'il ne faut pas inciter les particuliers à abattre les ovins à leur domicile en disposant des conteneurs à déchets en dehors des abattoirs ou des lieux temporaires d'abattage. Pourtant, Mons et d'autres communes parviennent encore à se cacher derrière des excuses vaseuses. Il n'y a pourtant pas à tergiverser et à se rejeter la faute perpétuellement. C'est un fait très clair, les communes et a fortiori le Ministre-Président de la Wallonie doivent faire respecter la loi ». Et d'ajouter qu'« il est scandaleux de voir un homme politique de la carrure d'Elio Di Rupo braver le droit d'une manière si sournoise. À moins que les bourgmestres, les Présidents de parti et les Ministres-Présidents soient désormais au-dessus des lois ? »

GAIA et AEP attachent beaucoup d'importance au respect de la loi. Mais pour qu'elle soit respectée, il faut que les citoyens lui accordent leur crédit. Que penser dès lors quand les autorités politiques du pays bafouent les règles de notre démocratie ? GAIA et AEP se devaient de réagir pour éviter que ce genre de pratique sournoise ne soit la panacée à l'avenir et pour éviter que d'innombrables moutons ne soient sacrifiés dans des souffrances intolérables.

Les associations de défense des droits des animaux, GAIA et Animaux en Péril (AEP) veillent de manière préventive et proactive à ce que la loi soit respectée lors de la fête de l'Aïd-el-Kébir. Notons que selon les communes, leur irresponsabilité est également en partie imputable à Monsieur Lutgen, Ministre de l'agriculture, qui n'hésite pas à présenter les conteneurs comme une solution.

La double démarche de GAIA est chaque année identique : éviter aux moutons sacrifiés des tortures et des souffrances inutiles tout en invitant la communauté musulmane à pratiquer un don pour perpétuer l'idée de partage (l'essence même de l'Aïd-el-Kébir). Force est de constater que les abattages à domicile n'assurent pas une mise à mort dans le respect de l'animal. Le stress du transport, l'abattage sans étourdissement préalable, les manipulations réalisées par des mains inexpérimentées, l'agitation dans des lieux confinés,... sont des obstacles à l'obtention d'une offrande respectueuse de l'animal sacrifié et sont autant de souffrances que GAIA et AEP dénoncent pour les éviter à l'avenir. La question n'a donc pas trait à la liberté de culte mais elle relève bien du bien-être animal. Ainsi, ne nous contestons pas la tradition mais la manière d'y procéder.

Malheureusement, nous déplorons toujours de voir l'Exécutif des musulmans de Belgique plaider la mise en œuvre de sites d'abattage locaux plutôt que d'encourager l'alternative du don dans la communauté musulmane qu'elle estime invalide. Pourtant, les mosquées de Beringen soutiennent déjà ce genre d'initiative...

Source : GAIA
2006-12-29 20:54:15


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