Un petit coin de paradis
C’est en 1997 qu’Hélène Collongue et Carlos Palomino ont entamé le programme de conservation Ikamaperu, en achetant un morceau de forêt, au bord du fleuve Mayo, dans les Andes tropicales. Ce lieu, appelé le sourcil de la forêt, au pied de la cordillère bleue, est un des hotspots de la biodiversité mondiale avec un très fort endémisme. On y trouve notamment le très rare Titi des Andes (Callicebus oenanthe). La réserve qu’ils y ont créée a été baptisée Tarangué. Ses 66 hectares constituent un refuge naturel pour les animaux sauvages menacés par l'expansion des terres agricoles et le braconnage.
Terre d’accueil
Deux ans plus tard, ils accueillent leur premier singe laineux orphelin, rescapé du trafic de viande de brousse. Aujourd’hui, ils ont la charge de 6 singes atèles et de 22 lagotriches. Pour préparer leur réintroduction, d’immenses volières au coeur de la forêt et une plateforme surplombant la canopée ont été installées. Tous les jours, ils y sont emmenés pendant plusieurs heures. Là, ils redécouvrent la vie arboricole, sous la surveillance attentive et bienveillante de 4 soigneurs. Pourtant, tel n’était pas l’objectif premier d’Ikamaperu...
Déforestation
Tarangué n’est malheureusement qu’un îlot de forêt préservée au milieu des plantations agricoles. Ces dernières se sont rapidement étendues, sans considérations ni des communautés locales jivaro, chassées de leurs terres ancestrales, ni des espèces sauvages, aussi rares et protégées soient-elles. Avec elles, des routes ont été construites, ouvrant la forêt au braconnage et favorisant encore la déforestation...
Des corridors végétaux indispensables
Certains animaux se retrouvent littéralement piégés dans des fragments de forêt. Pour les désenclaver, leur donner accès à de nouvelles ressources, mais aussi pour permettre le brassage des gènes, indispensable à la survie à long terme des espèces, Ikamaperu est à l’origine d’un projet de création de corridors végétaux qui reliraient ces fragments à Tarangué. L’un d’entre eux, récemment terminé, est déjà utilisé par un groupe de tamarins. Ce projet se fait en collaboration avec les communautés locales aguarunas (appartenant au peuple jivaro) et les femmes y sont très impliquées. Elles cultivent des plantules d’arbres fruitiers qui sont ensuite vendus à Ikamaperu et ont déjà préparé 2000 plants d'espèces rares de forêt primaire, préférées des singes et des oiseaux.
Un travail de sensibilisation essentiel
Comme dans la majorité des forêts tropicales, les singes sont chassés pour leur viande et leurs bébés vendus comme animal de compagnie, au détriment parfois de la législation internationale. Même au sein de Tarangué, des pièges sont découverts. Pour sensibiliser la population à la problématique de la conservation des espèces, Ikamaperu a donc réalisé trois petits spots télévisés dénonçant ces pratiques, qui sont diffusés en boucle sur plusieurs chaînes de télévision locales, y compris dans certains villages isolés.
Un nouveau projet de réserve
Même la réserve de Pacaia Samiria – la plus grande zone de forêt amazonienne protégée au Pérou (2 millions d’hectares) – est menacée. Sans un véritable travail de sensibilisation des populations locales, elle risque également d’être détruite. Hélène et Carlos tentent donc d’obtenir une concession encore intacte de 10 000 hectares dans la partie tampon, en périphérie de la réserve, où la biodiversité est particulièrement intéressante. S’ils l’obtiennent, les animaux auront un refuge pour fuir le braconnage, et la forêt sera en partie préservée de la déforestation... Source : OneVoice
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