La Suisse veut faciliter l’abattage de loups dans toute l’Europe
Lundi, la Suisse va demander au Comité permanent de la Convention de Berne de déclasser le statut du loup. Si cette requête était acceptée au début de la semaine prochaine, cela faciliterait l’abattage de loups dans toute l’Europe. En outre, le gouvernement helvétique ne veut plus assumer ses responsabilités dans la réalisation du réseau Emeraude.
Le 27 novembre, le Comité permanent de la Convention de Berne se réunit à Strasbourg. A cette occasion, la Suisse, qui a ratifié cette Convention, va déposer sa demande. Si elle aboutit, elle affaiblirait, à terme, la protection du loup en Suisse, ainsi que dans tous les Etats signataires. Elle rendrait donc l’abattage de loups encore plus facile.
«Cette tentative de déclasser le statut du loup est inutile et injustifiée, souligne Walter Vetterli, responsable «Alpes» au WWF Suisse. La population de loups dans l’arc alpin n’est pas encore suffisamment établie pour qu’elle puisse se passer de protection.» Aujourd’hui déjà, comme le prouve les récents cas valaisans, il est possible d’abattre des individus qui causent des dégâts importants aux troupeaux. Tant la législation nationale que l’article 9 de la Convention de Berne prévoient une telle mesure. Il n’y a donc aucune raison de modifier le statut du loup. C’est pourquoi, le WWF recommande le rejet de la proposition helvétique.
Et ce n’est pas tout. L’Office fédéral de l’environnement a récemment annoncé que la Confédération se retirait du réseau Emeraude. Dorénavant, la responsabilité d’annoncer de nouveaux sites incombera aux cantons. «Concrètement, cette décision signifie la fin du réseau Emeraude, note Walter Vetterli. Cet instrument de protection des espèces et habitats européens a été mis en place en 1998. Sans le soutien des autorités, il perd toute sa substance.» Le réseau Emeraude est l’équivalent helvétique du réseau Natura 2000 de l’Union européenne. Le WWF a fait œuvre de pionnier pour sa mise en place en Suisse.
La Suisse se distancie de plus en plus de ses voisins dans le domaine de la protection de la nature et ne prend pas ses devoirs européens au sérieux, estime le WWF. «C’est un mauvais signe et une défaite pour la biodiversité helvétique», commente Walter Vetterli.
Source : WWF
2006-11-25 20:22:45