One Voice et Wildlife SOS sont à l’origine, en Inde, d’une cellule anti-braconnage nommée “Forestwatch!”. Elle travaille non seulement avec les agences gouvernementales mais également avec les communautés locales. Ce travail, en coopération avec les populations impliquées, est indispensable pour assurer l’avenir de la faune sauvage et des forêts de l’Inde. Une collaboration cruciale
La cellule anti-braconnagea permis de gros progrès dans la lutte contre le braconnage et le commerce des oursons destinés au trafic d’ours danseurs. Elle a su tisser des liens étroits avec les agences gouvernementales, et travaille notamment avec le département faune sauvage et la police. Des ateliers sur le braconnage sont prévus à leur intention afin que la cellule leur fasse partager son expérience. D’autres ateliers sont également programmés pour une prise en compte de la problématique par le système judiciaire, et l’application des lois de protection de la faune sauvage et des sanctions. Des ouvrages, des études de cas, et du lobbying doivent aussi être développés pour une plus grande implication de la cellule anti-braconnage dans la réalisation des textes législatifs de protection de la nature.
Un succès grandissant
Le succès de la cellule anti-braconnage est d’autant plus important que les informateurs sont choisis, sélectionnés, et formés de manière plus stricte. Il s’agit en général d’anciens braconniers ou de trafiquants repentis. De plus, grâce à One Voice, la cellule dispose désormais des technologies récentes, telles que téléphones portables, ordinateurs, pda ou caméras. Les efforts en matière de coordination et partage de l’information, ainsi qu’un réel engagement contre le braconnage sont sans nul doute également à l’origine de ce succès.
Une approche scientifique
Un travail ponctuel de répression n’est pas suffisant. Il est également important d’analyser scientifiquement le problème pour comprendre les enjeux économiques du braconnage. Biologistes, enquêteurs et informateurs travaillent donc ensemble à collecter et analyser les données Ils sont sur le terrain, où ils encadrent les braconniers repentis, et tentent de déterminer les tendances du marché et la logique économique du trafic d’animaux sauvages.
Un marché très lucratif
C’est dans les plus hautes régions de l’Inde et le long de ses frontières, que la cellule a récemment découvert un important trafic de vésicules biliaires et de bile d’ours. Ce marché très lucratif implique des individus des communautés frontalières travaillant étroitement avec les fermiers locaux, qui tuent des ours à collier adultes et parfois des ours lippu. Les communautés kalandars seraient également impliquées. Elles vendraient des ours lippu aux marchands népalais. L’enquête se poursuit, pour tenter de comprendre ce marché discret. Quand suffisamment de preuves seront collectées, les saisies pourront commencer.
Une méthode risquée
Les données sur le braconnage et le commerce de vésicules biliaires sont recueillies grâce aux informateurs locaux et en visitant les marchés. Nos enquêteurs infiltrent le réseau en faisant semblant de s’intéresser aux produits dérivés d’espèces sauvages, et en se faisant passer pour des intermédiaires ou des négociants. Cette enquête est donc particulièrement difficile et dangereuse...
Le recyclage des ours danseurs
Pour stopper l’exploitation d’ours danseurs, un programme de réhabilitation des kalandars a été mis en place. Ils y accèdent en échange de leur ours. Effrayés par les peines encourues, ils se détournent tous, peu à peu de cette activité illégale. En 1996, on estimait le nombre d’ours danseurs à 1200. En août 2006, ils sont moins de 700. Mais une enquête particulièrement pénible a révélé que certains étaient tués pour le commerce des vésicules biliaire de l’autre côté de la frontière. Lacellule anti-braconnage a donc décidé de hâter la récupération des ours danseurs afin d’éviter au plus grand nombre cette tragique destinée. Un troisième centre de sauvetage a été mis en place, ainsi que de nouveaux centres de transit. Cela a été rendu possible en partie grâce au soutien des différents gouvernements et départements forestiers impliqués, sensibilisés au problème par de précédentes actions.
Contre le braconnage des oursons...
En 10 ans, le nombre d’oursons capturés est tombé de 100 à moins de 25 par an grâce au travail de fond réalisé par la cellule. Quand unmarchand ou un braconnier est repéré, le siège, à Dehli est averti et envoie sur place un enquêteur. Il faut parfois plusieurs mois pour la mener à bien et démanteler le réseau entier, dont les membres sont en général dispersés à travers le pays. Souvent, les membres de l’équipe doivent se faire passer pour des trafiquants pour infiltrer le réseau. Quand les preuves sont suffisantes, le relais est passé aux autorités locales et les arrestations ont lieu. Entre 2004 et 2006, un travail très étroit avec les services forestiers a permis la saisie de plus de 30 oursons et le démantèlement d’un réseau vieux de 40 ans.
...et tous les trafics liés à la faune sauvage
Les enquêtes sur le braconnage des oursons ont permis à la cellule de découvrir un réseau beaucoup plus vaste de trafic. Les commerçants impliqués sont en effet rarement spécialisés dans une espèce, et des saisies de peau de léopard ont pu être réalisées. Des informations ont aussi été collectées sur des braconniers impliqués dans le trafic de tigres, de peau d'ours, d'ivoire et de griffes de tigres. Dernièrement, une importante saisie a été réalisée à Agra, de centaines de lions de mer, de bébés pastenagues, d’octopus, de bébés serpents, de poissons rares, de scorpions, et de bébés gharials. Des bébés tortues olivâtres, et des cobras morts ont également été interceptés alors qu’ils allaient être expédiés, permettant l’arrestation de six personnes...
Source : OneVoice
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