
Les écosystèmes naturels de la planète se dégradent à un rythme encore jamais atteint dans l’histoire humaine. C’est la conclusion à laquelle arrive le rapport «Planète Vivante» 2006 du WWF.
Selon les projections du rapport «Planète Vivante» (Living Planet Report), qui paraît tous les deux ans et établit un bulletin de santé de la Terre, la population utilisera l’équivalent de deux planètes d’ici 2050, pour autant que toutes les ressources naturelles n’aient pas été épuisées d’ici là. La Suisse utilise près de trois planètes pour sa propre consommation. Pas moins de 70% de l’empreinte écologique de notre pays est à mettre sur le compte de sa consommation énergétique.
Quant à la perte régulière de biodiversité, déjà constatée par les précédents rapports, elle est confirmée. Ainsi, la population d’espèces vertébrées a décliné d’un tiers en 33 ans, soit de 1970 à 2003. Au cours de la même période, l’empreinte écologique de l’humanité – la pression que la population fait peser sur les écosystèmes par sa consommation de ressources naturelles – a atteint un tel niveau que la Terre ne parvient plus à se régénérer.
«Nous sommes dans une situation préoccupante de surconsommation, car nous utilisons les ressources naturelles à un rythme bien trop rapide», souligne Christiane Maillefer, directrice du siège régional romand du WWF Suisse. Les conséquences sont à la fois prévisibles et préoccupantes.»
Pour le WWF, il est temps de faire des choix cruciaux. Il ne sera pas facile d’effectuer des changements qui améliorent les conditions de vie des êtres humains tout en réduisant leur impact sur les ressources naturelles. «Les villes, les industries et les maisons que nous construisons aujourd’hui continueront soit à nous maintenir dans une surconsommation, soit permettront à notre génération et aux suivantes de prendre la voie du développement durable», précise Christiane Maillefer.
Le rapport «Planète Vivante» fait le point sur l’état de santé de la Terre à partir de deux indicateurs. Le premier, l’index planète vivante (Living Planet Index) suit l’évolution de la biodiversité en examinant plus de 3600 populations d’espèces vertébrées. Au total, 695 espèces terrestres, 344 d’espèces d’eau douce et 274 espèces marines ont été analysées. Dans la première catégorie, le déclin observé est de 31%, de 28% pour la deuxième et de 27% pour la dernière.
Le deuxième indicateur, l’empreinte écologique, mesure la consommation annuelle en hectares utilisés par une population donnée. Cette empreinte a plus que triplé entre 1961 et 2003. L’étude montre que notre impact dépasse de 25% les capacités de la planète en 2003. Dans le précédent rapport, basé sur des données de 2001, ce taux s’élevait à 21%. Le CO2 qui résulte de la consommation de carburants fossiles, est la composante de notre empreinte qui a cru le plus rapidement. Il a été multiplié par 9 entre 1961 et 2003.
Parmi les pays dont l’empreinte écologique est la plus élevée figurent les Etats-Unis, la Finlande, le Canada, l’Estonie, la Suède et la Norvège. «La Suisse figure à la 16e place, elle a donc de bonnes raisons de diminuer son impact», souligne Walter Vetterli, responsable «Alpes» au WWF. La Chine arrive en milieu de classement, en 69e position, mais la croissance de son économie et son développement rapide seront cruciaux pour garder la Terre sur le chemin de la durabilité.
Source : WWF