
Il semblerait que le projet de création d’un parc national en Guyane soit sur le point d’aboutir. Le projet, soumis à enquête publique depuis le 20 septembre 2006, devrait être officiellement créé en 2007. Tout ceci au conditionnel évidemment car les écueils et obstacles ne cessent de se multiplier.
En effet, à y bien regarder, le futur parc national ne tient absolument pas compte du problème de l’orpaillage illégal. De plus, le tracé n’englobe pas le nord du pays où la biodiversité est la plus menacée. Le parc se découpe donc en deux zones : une zone centrale intégralement protégée (les deux tiers de sa superficie) où seront interdites toutes activités commerciale, forestière ou minière, et une zone périphérique comprenant plusieurs communes, chacune d’entre elles étant libre de décider quelles activités pourront être compatibles avec le respect de l’environnement.
Or, le risque de voir se développer un tourisme anarchique est certain, les problèmes de braconnage de certaines espèces ne sont même pas évoqués et les erreurs et faux pas du gouvernement enveniment un dossier délicat.
Ainsi, la pollution au mercure des fleuves et rivières (due à l’orpaillage) a entraîné une fragilisation de la population Amérindienne et une dégradation des écosystèmes. Selon des associations locales et des médecins qui ont effectué des contrôles réguliers, la majorité des Amérindiens ont un taux de méthylmercure anormalement élevé.
En outre, un article du Monde en date 18 octobre 2006 nous apprend que « le ministre de l’Industrie, François Loos, a accordé le 1er août 2006 un permis de recherches de mines d’or à la société Rexma sur la commune de Saul, c’est-à-dire en zone de protection forte ». Cette décision est aberrante dans la mesure où le gouvernement français a refusé l’autorisation au groupe canadien Cambior d’exploiter une mine d’or sur le territoire Guyanais en raison des conséquences écologiques désastreuses du projet (voir la pétition contre Cambior que nous avons relayé sur notre site).
Le futur parc d’une superficie de 34 000 km² ne garantirait en rien la protection de l’environnement et des populations locales. On peut alors légitimement se demander à quoi sert un parc national dans ces conditions... Le gouvernement français en tout cas ne se montre guère pressé à protéger ce territoire unique qui attise toutes les convoitises, celles des sociétés minières et des orpailleurs clandestins entre autres. La communauté Amérindienne et la faune sauvage ne pèsent pas bien lourd face aux compagnies qui veulent faire de la Guyane une zone sinistrée.
Source : AVES France