
Au travers d’un recours introduit contre le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne, la France tente d’empêcher la mise en application de l’interdiction des tests cosmétiques sur animaux. Le prétexte mis en avant par la France résulte en l’imprécision du champ d’application de l’article premier point 2 de la Directive 2003/15/CE. Plutôt qu¹une redéfinition de ce point, la France préfère demander l’annulation complète vidant ainsi de sa substance la directive elle-même.
Les raisons de cette position ont clairement été exposées par le ministre
délégué au commerce extérieur, François Loos, en mars 2003. Le ministre avait
jugé « idiot » le vote du Parlement européen considérant que cette nouvelle
directive serait une entrave à la concurrence. Un dépôt de plainte devant
l?Organisation Mondiale du Commerce était d?ailleurs envisagé.
One Voice rappelle que ce recours va à l¹encontre de la position des français
qui sont à 64% défavorables à l¹expérimentation animale, pour 60% favorables à
l'interdiction des tests cosmétiques, 84% estimant même que toute
expérimentation engendrant la souffrance d¹un animal devrait être interdite.
(Sondage IPSOS/One Voice février 2003 sur un échantillon de 1000 personnes).
Alors que les français expriment clairement leur position contre
l?expérimentation animale et la souffrance qu?elle engendre, le gouvernement
répond par la nécessité d¹informer l?opinion publique de l?utilité de ce genre
d?expérience.
Pour les cosmétiques, il apparaît clairement que la seule justification est liée
à la libre concurrence. Pour la France, l?économie de marché primerait sur la
mort et la souffrance de plus de 35 000 animaux par an à travers l?Europe.
One Voice estime qu'avec un excédent de 5.9 milliards d¹euros en 2002, le
secteur des cosmétiques français, loin d¹être en crise, devrait avec l?aide du
gouvernement lancer de nouvelles recherches sur les tests in vitro afin de
respecter les échéances (2009 2013) de la directive et afin de répondre aux
exigences des consommateurs.
Muriel Arnal, présidente de One Voice, déclare : "Il nous a fallu 13 années de
lutte pour obtenir une législation qui rend illégale la souffrance des animaux
de laboratoires pour des produits aussi futiles que du parfum ou du rouge à
lèvre. Et il faudra attendre encore au moins six ans pour voir sa mise en place.
Les firmes cosmétiques qui torturent encore des animaux ont du temps pour faire
évoluer leurs pratiques et adopter une éthique en phase avec les opinions
publiques française et européenne. Nous sommes scandalisés par ce recours de
l'Etat français."
One Voice