Loin de participer à la sauvegarde de l’ours des Pyrénées, le relâcher d’ours slovènes, conduit par le ministère de l’Ecologie, met au contraire leur vie en danger. One Voice dénonce la réintroduction de ces ours et demande la création d’un sanctuaire pour les ours captifs.
Les opposants à l’ours de plus en plus violents
Le procès du tueur présumé de l’ourse Cannelle (la dernière ourse pyrénéenne, abattue en 2004), prévu le 16 juin, a été reporté. One Voice, qui s’est portée partie civile, rappelle son inquiétude sur le devenir des ours pyrénéens et les raisons de son opposition à la translocation d’ours slovènes dans les Pyrénées :
- les ours arrachés à leur milieu naturel subissent un traumatisme énorme (s’ils sont en danger en Slovénie, mieux vaudrait instaurer un programme de protection des animaux dans le pays même)
- relâcher des animaux dans un milieu très différent du leur – ici, à forte population humaine et hostile – sans période d’adaptation est un non sens,
- la souche originelle de la sous-espèce d’ours pyrénéens semble éteinte et les ours slovènes ne partagent pas le même patrimoine génétique,
- pour qu’une introduction d’animaux réussisse, un consensus est nécessaire au sein de la population humaine de la région, ce qui n’est pas le cas, comme le montrent les exactions de plus en plus violentes des opposants à l’ours : perturbation du lâcher de l’ourse Paloma, pots de miel piégés, intimidation des maires des communes concernées, menaces de mort contre les personnes et les ours, saccage des locaux de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), vol du collier émetteur de l’ours Balou...
Un ours dans la ville ?
A cause du vol de son collier, Balou est le seul ours relâché ne pouvant pas être suivi par GPS ; son collier possède un émetteur permettant de le localiser seulement dans un rayon de dix kilomètres. Relâché le 2 juin, sa trace a été perdue peu après, alors que des empreintes d’ours étaient relevées à une trentaine de kilomètres de Toulouse, en plaine, le 6 juin. Balou a-t-il tourné le dos à la montagne et parcouru plus de cinquante kilomètres ? Ces empreintes ont-elles été tracées par des opposants à l’ours voulant faire croire qu’il menaçait maintenant les populations urbaines ?
Autre fait troublant : la soi-disant poursuite d’un randonneur pendant 30 minutes par un ours dans la vallée d’Orlu, le 10 juin, qui laisse sceptique l’ONCFS puisqu’elle ne correspond en rien au comportement d’un ours.
Ne pas interdire la présence humaine dans les zones de lâchers d’ours et ne pas s’assurer qu’ils y trouveront de quoi se nourrir en quantité suffisante et sans danger montre le manque de sérieux du plan de réintroduction. L’ours pyrénéen est un omnivore opportuniste. Son alimentation d’origine animale représente 20 % de son régime total, dont 8 % de ruminants domestiques* (le régime de l’ours slovène est différent). Il mange parfois des moutons laissés sans surveillance par les éleveurs. Les mortalités qu’il occasionne sont toutefois bien moins nombreuses que celles dues à l’attaque de chiens errants, à la panique due à la foudre, au manque de surveillance des troupeaux... Les éleveurs dénoncent la cruauté des attaques de brebis par des ours : oublient-ils que ces animaux seront envoyés à l’abattoir ?
Le ministère de l’Ecologie doit prendre ses responsabilités
L’avenir des ours dans les Pyrénées françaises s’annonce sombre, contrairement à celui de leurs cousins espagnols, tolérés par la population.
One Voice rappelle que l’ours est une espèce protégée. Il en reste moins de vingt dans les Pyrénées françaises. Le ministère de l’Ecologie doit prendre ses responsabilités : son rôle est-il de ménager les chasseurs et certains éleveurs ou de donner enfin à ses services les moyens de laisser vivre les quelques rescapés vivant dans nos montagnes ?
Source : One Voice
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