Les premières fleurs du printemps ont un parfum de victoire pour la campagne «Deux poids, deux mesures», lancée l’hiver dernier par One Voice. Cette campagne répond parfaitement à l’attente des Français dans le domaine de la vivisection. C’est ce que révèle le sondage IPSOS effectué à la demande de One Voice. La majorité des personnes interrogées souhaitent bannir la souffrance animale et interdire TOUTE expérimentation sur les chiens et les chats !
L'interdiction de TOUTE expérimentation sur les chiens et les chats.
' 72 % se prononcent pour interdire toute forme d'expérimentation sur les chiens
et les chats. One Voice mettra tout en 'uvre pour que la parole des Français ne
soit pas étouffée comme la souffrance des animaux. Car si cette parole assoit
notre conviction, elle dérange fortement ceux qui les exploitent'
Désinformation
Même si Le Figaro a publié un article rendant compte des résultats du sondage et
du rapport de One Voice, ces résultats n'en ont pas moins subi une censure des
médias. D'énormes intérêts sont en jeu. La chape de plomb du silence qui étouffe
le cri des animaux tente aussi de s'abattre sur le sentiment profond des
Français. Face à cette censure, One Voice ne baisse pas les bras. Une grande
campagne publicitaire fera entendre l'opinion des Français dès la rentrée
prochaine.
Rapport : un constat accablant
COMME ANNONCé dans le précédent Animaction, One Voice a publié le rapport de
deux biologistes sur les expériences menées sur les chiens et les chats en
France au cours des trois dernières années. Ce rapport scientifique de Chris et
Gill Langley a été envoyé avec les résultats du sondage, à tous les députés,
sénateurs et aux ministres concernés par ce thème. Nombre de députés et de
sénateurs répondent pour exprimer leur soutien à notre campagne et leur volonté
de s'en faire l'écho auprès du gouvernement : c'est la première fois en France.
Manque de transparence
Selon les biologistes, auteurs du rapport de One Voice, la souffrance de ces
animaux est inévitable. Ils affirment qu'il n'est pas possible de l'éliminer
dans les établissements fournisseurs et dans les laboratoires et que le respect
de normes adéquates ne peut être assuré. Non seulement, les vivisecteurs
brandissent l'argument de la santé pour justifier la cruauté des expériences,
mais ils n'ont aussi aucune pitié à leur égard. Le rapport relève le manque de
transparence concernant l'administration de produits analgésiques et
anesthésiques. On peut lire que « les 13 études de cas qui suivent ne
constituent qu'une petite sélection d'articles scientifiques exposant en détail
des expériences menées en France sur des chiens et sur des chats entre 1999 et
2002. On peut remarquer qu'un certain nombre d'articles omettent de fournir les
détails que l'on pourrait attendre concernant la manipulation et l'hébergement
des animaux, leurs sources d'approvisionnement, et qu'il n'est pas précisé si
des analgésiques ont été administrés aux animaux à l'issue de la période
post-opératoire immédiate, et si oui, lesquels. Dans certains comptes-rendus, on
a même omis de mentionner le nombre d'animaux utilisés dans les
expérimentations. »
Le but de toutes ces pratiques reste bien maquillé. Car selon les docteurs Chris
et Gill Langley « la logique qui sous-tend ces expérimentations est que la fin
justifie les moyens : on entend souvent affirmer que s'il est possible de faire
ainsi progresser la médecine pour les humains, alors il doit être permis de
faire souffrir les animaux. Cette attitude est pourtant contraire à toute
éthique, sachant que les autres animaux connaissent la douleur et l'angoisse de
la même manière que nous. Leur souffrance est souvent vaine, car le fait que les
maladies leur soient induites de façon artificielle et les différences qui
existent entre les espèces compromettent la valeur pour l'être humain des
résultats obtenus en expérimentant sur d'autres espèces animales (Chapitres 5 et
6). »
Graves manquements
Nous n'avons pas besoin de recourir à l'animal pour notre santé. Nous avons
surtout besoin d'une volonté politique tournée vers l'avenir et un véritable
progrès humain, avec les méthodes substitutives.
Les auteurs du rapport affirment que « des progrès considérables ont été
réalisés dans le développement et l'utilisation des méthodes de recherche
substitutives' comme les techniques de biologie moléculaire, les méthodes à base
de cultures de cellules, l'étude des tissus humains obtenus post mortem, la
recherche clinique ou la modélisation sur ordinateur (Chapitre 6). »
Mais la France résisterait particulièrement à ces avancées techniques. Troisième
par le nombre de chiens utilisés dans ses laboratoires, elle pratique plus
encore d'expérimentations sur les chats que n'importe quel autre pays de l'Union
Européenne (en 1999, on utilisait dans la recherche et l'expérimentation
davantage de chats et de chiens qu'en 1993). La France se démarque, encore, par
ses manquements en ce qui concerne l'application correcte de six des mesures de
la Directive de l'UE. Le gouvernement français a reçu de la Commission
européenne un avertissement en 1998. Cela n'a pas suffi. En 2002, l'avocat
général Geelhoed a déclaré que les exigences de la Commission étaient maintenues
et a recommandé que la Cour de justice européenne déclare que la France avait
manqué de satisfaire à ses obligations dans le cadre de la Directive 86/609-CEE
et qu'elle soit condamnée. De tels manquements sont particulièrement graves. Car
ils n'ont certainement pas contribué à réduire la souffrance des animaux dans
les laboratoires et à faire respecter la réglementation de l'approvisionnement
de la recherche en chiens et en chats' Bien au contraire !
Importation et vol d'animaux
Les beagles sont les chiens les plus utilisés dans les laboratoires. Ils
proviennent d'élevages. Mais si ce sont des chiens bâtards, la provenance est
douteuse. Il est probable que ce soient des chiens errants ou des animaux de
compagnie volés. Or la Directive l'interdit strictement.
Pourtant, voilà encore ce que Gill et Chris Langley ont observé : « Nos
instances dirigeantes autorisent l'utilisation pour la recherche de chats et de
chiens qui ne proviennent pas d'élevages spécifiques, elles permettent qu'un
grand nombre de ces animaux soient importés de pays dans lesquels les exigences
légales en matière de soins sont faibles, et elles permettent aussi que les
entreprises qui élèvent et fournissent ces animaux soient peu réglementées
(Chapitre 3). »
Malheureusement, il est dit dans le rapport que les articles scientifiques
publiés par les chercheurs français montrent clairement que l'on continue
d'utiliser couramment des chiens bâtards. Cela veut dire que de nombreux
chercheurs se voient dispensés de respecter les exigences de la Directive 86/609
concernant l'utilisation de chiens d'élevage.
Autant dire que les vivisecteurs ont l'autorisation, au mépris des règles
européennes, de pratiquer des expérimentations sur des animaux de compagnie, sur
des chats et des chiens volés ou errants. Une opportunité de plus pour les
trafiquants en tout genre !
Abus
Pourquoi une science, censée élever la raison au sommet des facultés de l'homme,
s'acharne-t-elle à engendrer et perpétrer des actes moralement injustifiables et
scientifiquement douteux ' L'action de cette raison passerait-elle par le prisme
déformant de certains intérêts '
Dans le rapport, les biologistes révèlent des abus, comme ces recherches sur des
chatons séparés de leurs mères : «L'utilisation de 40 chatons dans une étude
relevant de la recherche fondamentale est à la fois un abus, en ce qui concerne
le nombre, et une chose injustifiable. »
Pour d'autres recherches, c'est le manque d'intérêt qui est pointé ou
l'absence d'une quelconque application dans le domaine médical. Que cherchent
les chercheurs et tous ceux qui les soutiennent'' « L'acquisition de
connaissances médicales nouvelles »' Nous sommes en droit d'en douter.
Le sondage et le rapport mobilisent les députés
UN FLOT ININTERROMPU de réponses de députés et de sénateurs arrive dans notre
bureau de campagne. Quelles que soient les orientations politiques, ils
reconnaissent les graves manquements de la France et souhaitent y remédier.
Certains proposent de poser des questions écrites aux ministres concernés ou des
questions orales lors des travaux parlementaires. D'autres enfin expriment leur
soutien aux idées et au combat de One Voice. Voici de courts extraits des
lettres de deux députés :
Philippe Dubourg, député UMP de la Gironde, se dit choqué du fait que, « au nom
du progrès dans le domaine de la santé, on inflige à des animaux domestiques une
souffrance sans pareille à un moment où, plus que jamais, la Science dispose de
moyens autres que l'expérimentation sur le 'milieu vivant'.»
Philippe Dubourg appelle à la responsabilité collective pour faire pression sur
les autorités et obtenir « l'abolition des expérimentations sur des animaux
familiers, et qui sont pour beaucoup de nos concitoyens la seule compagnie. »
Enfin il félicite One Voice qui « peut être fière de son combat comme, j'en suis
sûr, des résultats qu'elle obtiendra. »
Voici un extrait de la question écrite qu'il pose à la ministre déléguée à la
Recherche et aux Nouvelles technologies : il lui demande donc si « pour répondre
à l'attente des Français, [elle] entend prendre des mesures dans ce domaine et
lesquelles, pour qu'au-delà du progrès recherché s'appliquent ici aussi, les
règles d'éthique auxquelles la France a été rappelée par la Commission
européenne dès le 24 avril 1998 ».
Michel Voisin, député UMP de l'Ain, pense que l'expérimentation animale est un
sujet sur lequel il reste un « vaste chantier à défricher » et conclut par : «
Travaillons ensemble à faire avancer un combat et des idées qui vous tiennent à
c'ur. »
Et Jean-Claude Bois, député PS du Pas de-Calais, a sollicité l'aide de tout le
groupe parlementaire PS de l'Assemblée.
Drôles de coulisses !
LE SONDAGE d'IPSOS commandé par One Voice était à l'origine de l'émission «À
tort ou à raison » de Bernard Tapie, sur le thème de l'expérimentation animale.
Muriel Arnal ayant été invitée à y participer, nous avons confié des documents
aux journalistes pour aider à la préparation de l'émission. Peu de temps avant
sa diffusion, contre toute attente, on nous a informés de l'annulation de cette
première invitation.
One Voice
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