
Le procès contre les sept marchands de bétail poursuivis pour maltraitance envers des animaux du marché au bétail d'Anderlecht, a enfin commencé à la Cour d'Appel de Bruxelles. Les images vidéo des maltraitances envers les animaux qu'Animaux en Péril et GAIA ont filmées pendant l'été de l'année 2000 à l'aide d'une caméra cachée, ont en effet été retrouvées par le parquet général. Ces images - des preuves cruciales - avaient été égarées par la Cour, ajournant ainsi le procès jusqu'à aujourd'hui.
Le procès contre les sept marchands de bétail poursuivis pour maltraitance envers des animaux du marché au bétail d'Anderlecht, a enfin commencé à la Cour d'Appel de Bruxelles. Les images vidéo des maltraitances envers les animaux qu'Animaux en Péril et GAIA ont filmées pendant l'été de l'année 2000 à l'aide d'une caméra cachée, ont en effet été retrouvées par le parquet général. Ces images - des preuves cruciales - avaient été égarées par la Cour, ajournant ainsi le procès jusqu'à aujourd'hui.
Avant le début de la séance, quelques dizaines de militants de GAIA et d'Animaux en Péril ont réclamé justice pour les bovins maltraités, drapeaux, panneaux et images des cruautés à l'appui.
Des témoins ont été entendus pendant la séance. Un de ceux-ci, présent à la demande des parties civiles Animaux en Péril et GAIA, est une autorité scientifique de réputation mondiale dans le domaine du bien-être des animaux de ferme : le professeur Donald M. Broom de la Faculté de médecine vétérinaire de l'université de Cambridge en Grande-Bretagne. Le professeur Broom a donné son avis d'expert sur les faits pour lesquels les prévenus sont poursuivis et sur la façon dont ils maltraitent les animaux sur les images vidéo visionnées. (voir son rapport ci-joint). Donald Broom est professeur ès Sciences animales et Bien-être animal à l'université de Cambridge et Président adjoint du groupe scientifique sur la santé animale et le bien-être des animaux de l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Il est le seul scientifique à avoir été désigné par la Commission européenne pour donner un cours sur les bases scientifiques de la législation en matière de bien-être animal dans l'UE aux fonctionnaires responsables et aux universitaires des pays qui veulent accéder à l'UE. Il est l'auteur de plus de 300 publications scientifiques et de six livres sur le bien-être animal.
Dans son commentaire sur les images vidéo, le professeur Broom a expliqué que les actes des prévenus étaient effectivement très douloureuses pour les animaux, disproportionnées par rapport au but voulu (on les a frappé de façon répétée et avec beaucoup trop de force) et surtout superflus et inutiles.
Lorsque le juge lui a demandé son opinion personnelle sur les prévenus, le directeur du marché de bétail d'Anderlecht, Joris Thiebaut, a répondu qu'il s'agissait de personnes très douces, serviables et gentilles qui « connaissaient leur métier » et qui travaillaient avec les animaux jour après jour « avec ménagement ». L'expert de la partie civile, le professeur émérite Verschoten, vétérinaire à l'Université de Gand et spécialiste en radiologie des chevaux, a essayé de justifier les maltraitances, « étant donné que ces animaux peuvent supporter pas mal de choses ». Ce propos a été réfuté avec force par le professeur Broom.
Les images vidéo qu'Animaux en Péril et GAIA avaient dévoilées le 16 novembre 2000, avaient déclenché une tempête d'indignation tant en Belgique qu'à l'étranger. Elles montrent, entre autres, comment les bovins sont violemment frappés de façon répétée sur le museau, les pattes et la colonne vertébrale par les prévenus armés de bâtons. On peut également y voir des animaux épuisés, qui ne peuvent plus ou à peine se tenir debout, être assénés de chocs électriques ou encore une vache tra”née plusieurs mètres sur le dos à l'aide d'une corde attachée à l'une de ses pattes, pour être finalement chargée dans un véhicule. Certains des prévenus ont piqué des bovins dans la région de l'anus ou des pis à l'aide du bout de leurs bâtons.
Durant de longues minutes, un des prévenus frappe de toutes ses forces un bovin que l'on entend meugler de douleur. Le prévenu finit par enfoncer le bout de son bâton dans la narine de l'animal. Les images montrent aussi comment les autres marchands, qui n'ont pas pu être identifiés par la justice, maltraitent violemment des bovins. Des enfants imitent les adultes. On voit également sur les images des animaux qui tombent ainsi que des vaches faméliques et boiteuses, qui ne sont pas en état d'être transportées.
Le 14 janvier 2002, les sept marchands de bétail ont été acquittés en première instance parce que le juge a estimé que les images étaient une atteinte à leur vie privée. Le 17 février 2002, plus de 4000 personnes ont manifesté au Palais de Justice contre « le jugement de la honte ». Mais entre-temps, après la Cour d'appel de Liège, des images similaires avaient été déclarées recevables par la Cour d'appel de Mons. Ces nouvelles pièces à conviction avaient été filmées au marché de Ciney par GAIA et Animaux en Péril, de la même manière et à la même période que celles d'Anderlecht. Sur base de ces images, la Cour d'appel de Mons a rendu cinq marchands de bétail coupables de maltraitances. (La Cour de cassation avait cassé l'arrêt précédent de la Cour d'appel de Liège qui, le 22 octobre 2004, avait condamné les marchands de bétail à des peines d'emprisonnement et à des amendes parce que la Cour d'appel de Liège avait oublié de mentionner trois mots dans son arrêt. A cause de ce vice de forme, le dossier avait dž être renvoyé à la Cour d'appel de Mons ; la sentence de la Cour d'appel de Liège est restée inchangée pour un sixième marchands de bétail parce qu'il n'était pas allé en Cassation ; un septième a été acquitté à Mons).
Le fait que la Cour d'appel de Mons ait accepté les images comme pièces à conviction et qu'elle ait condamné cinq marchands de bétail de maltraitance animale au marché de bétail de Ciney constitue un important précédent. Mais, de l'avis d'Animaux en Péril et de GAIA, le fait qu'ils aient obtenu un sursis de trois ans est un signal trop faible qui ne reflète pas la gravité des cruautés commises. Les deux associations de défense des droits des animaux espèrent que les bourreaux d'Anderlecht seront rendus coupables et qu'ils recevront une peine effective. La loi sur le bien-être animal prévoit de 1 à 3 mois de prison, des amendes jusqu'à 5000 euros et une interdiction temporaire ou définitive de détenir encore des animaux.
Le procès continuera le 24 octobre avec les plaidoiries des avocats des deux parties.
Source : GAIA