
Comme l’année dernière, le Ministère de l’Ecologie et du développement durable va autoriser l’abattage de six loups sur le territoire français. Cependant, quelques modifications sont apparues... et elles ne vont pas vraiment dans le bon sens.
Le texte est paru hier, 1er juin 2006, au journal officiel. Alors que Nelly Olin poursuit courageusement les opérations de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, malgré la grogne des opposants au plantigrade, la France va une nouvelle fois autoriser le tir de six loups.
Le loup, pourtant protégé par la Convention de Berne et la Directive Habitat, devra faire face à des tirs létaux de "protection", par les agents de l’ONCFS.
Les départements concernés sont l’Ain, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, les Alpes-Maritimes, la Drôme, l’Isère, la Savoie, la Haute-Savoie et le Var.
Comme le dénonce l’ASPAS, "Cette mesure est d’autant plus inquiétante que seul le Préfet, autorité locale soumise à l’influence du lobbying permanent des éleveurs et chasseurs, sera en mesure de qualifier un cheptel de "protégeable" ou non (notion très floue) et d’autoriser ces tirs "pour prévenir des dommages aux troupeaux"."
Le tir de six loups est INUTILE ! Le seul moyen de cohabiter avec le prédateur est d’adopter des mesures de protection efficaces pour protéger les troupeaux.
Mais la notion de "troupeau non protégeable" laisse craindre le pire !
Les tirs pourront être déclenchés plus rapidement qu’en 2005, soit après sept jours d’effarouchement effectif et deux attaques faisant au moins une victime : auparavant, il fallait attendre trois semaines d’effarouchement et quatre attaques faisant plusieurs victimes.
Les tirs d’effarouchement ne seront plus soumis à une demande préalable au Préfet.
Espérons que ces mesures n’encouragent pas les éleveurs à régler la question "loup" par les armes. Le procès de Denis DUPERIER, éleveur savoyard qui avait tué un loup en 2005, a bien montré la difficulté à faire respecter le droit environnemental, puisqu’il a été relaxé et que toutes les associations parties civiles ont été déboutées.
Nous vous invitons à découvrir le texte du plan loup et ne manqueront pas de revenir sur ce sujet dans les semaines à venir.
Source : AVES France