
Le gouvernement indonésien veut sacrifier une partie de la forêt équatoriale de Bornéo pour y créer une immense plantation de palmiers à huile. Ce projet révolte les défenseurs de l’environnement qui affirment que le projet a pour but non avoué de fournir du bois à la Chine.
La forêt de Bornéo, la plus grande d’Asie du Sud-Est, abrite de nombreuses espèces animales et végétales rares qui souffriront obligatoirement de ces déforestations. Elle héberge notamment les derniers orangs-outans de la planète.
La forme de la zone qui devrait subir la déforestation (financée par le marché chinois) pose certaines questions. La plantation, longue de 2.000 kilomètres et large de 5, s’étendra sur la presque totalité de la frontière malaisienne et devrait toucher trois parcs nationaux, en théorie protégés.
Faisal Basri, un éminent économiste indonésien, accuse le ministère de l’Economie d’avoir proposé le bois de Bornéo en échange d’investissements chinois dans des projets d’infrastructures en Indonésie.
"Je pense que l’objectif final du projet est l’exploitation de grumes, oui, donner du bois gratuitement (à la Chine) en échange de développement d’infrastructures", assure M. Basri, qui ajoute que la création d’une plantation dans cette zone montagneuse "est ridicule sur le plan de l’environnement, mais aussi sur le plan technique".
Une étude préliminaire a conclu que seulement 10% de la surface était adaptée à la récolte de l’huile de palme, qui requiert des étendues planes, mais le ministère de l’Economie réplique que la plantation géante apportera un investissement d’environ huit milliards de dollars à une région reculée, tout en créant près d’un demi-million d’emplois.
Les forêts indonésiennes, les plus grandes du monde après celles du Brésil, sont pillées par une véritable mafia du bois. L’archipel perd chaque année 2 à 3 millions d’hectares boisés, selon des ONG. Les spécialistes estiment que les étendues arborées auront disparu de Bornéo dans vingt ans, comme elles ont quasiment disparu de Java et de Sumatra.
Trois nouvelles espèces vivantes sont découvertes par mois en moyenne à Bornéo. Ce poumon vert de la planète est l’un des écosystèmes les plus riches de la planète, selon le Fonds mondial pour la nature (WWF).
Il explique que la région concernée contient 14 des 23 départs de rivières de Bornéo. Déboiser ces endroits risque donc de polluer loin dans l’île.
Source : AVES