
Dans les Hautes-Alpes, un éleveur affirme : "Nous avons relâché des loups près des villes"... coup médiatique ou réalité ?
Article de Lionel ARCE-MENSO. Le Dauphiné libéré - Edition du 19/02/2006.
"S’il parle seul, c’est le choix du groupe qui a participé à l’opération. L’homme n’est pas excité, ni particulièrement fébrile. Sur la place de Ribeyret, Joseph Jouffrey s’exprime calmement.
Il prend parfois des airs de conspirateur clandestin, ne lâche que des éléments qu’il a soigneusement choisis d’étaler. Et tente d’éviter le faux pas. Il faut dire que ce qu’il avance devrait donner à son combat de syndicaliste éleveur (il est président de la fédération départementale ovine) une résonnance insoupçonnable. S’il dit vrai, les trompettes médiatiques vont résonner et il compte dessus pour faire avancer son combat. Si rien n’est prouvé, ou pire si cette affaire se révèle montée de toutes pièces, il prend le risque de décrédibiliser son combat, celui de son syndicat, mais aussi celui des éleveurs. Car Joseph Jouffrey affirme qu’il a participé à la capture de quatre loups, et que ces loups ont ensuite été relâchés "près de deux grandes villes de la région PACA". Lesquelles ? Il ne veut pas le dire.
"Notre idée, c’est d’enlever des loups là où ils ne sont pas désirés, pour les amener près des zones où les gens désirent leur présence", résume-t-il.
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Que risque-t-il ? Ratifiée par la France, la convention internationale de Berne interdit la capture et la détention d’espèces protégées comme le loup. "J’ai pris un certain nombre de garanties. Je suis appuyé par la fédération régionale ovine, je me suis entouré des conseils d’avocats, j’ai rencontré le préfet, la députée (NDLR : Henriette Martinez). Il faut savoir prendre des risques quand on est syndicaliste. Aujourd’hui j’en prends. Peut-être que je passerai la prochaine nuit dans un poste de gendarmerie. Peut-être qu’on va me mettre les bracelets. Mais demain ce sera un autre qui prendra la relève. Et après-demain, encore un autre."
Son objectif est que le gouvernement mette en place une véritable politique de prélèvement. Sinon ? "Nous amènerons des loups à Paris à la fin 2006. Avec des caisses à barreaux en fer pour que les animaux supportent le voyage." Les loups vont entrer dans Paris. Cessez de rire..."
Si le nombre d’attaques de loups en 2005 a augmenté, le budget relatif à la protection des troupeaux et à l’indemnisation des éleveurs a également été revu à la hausse. Ainsi, de nombreux éleveurs vont recevoir des subventions qui leurs permettront de protéger leurs troupeaux. Le loup est et doit rester une espèce strictement protégée. La cohabitation prédateurs/pastoralisme demande des efforts, qui doivent continuer à être pris en charge par l’Etat. La mise en place de mesures de protection des troupeaux est la seule solution satisfaisante pour assurer à la fois la conservation de l’espèce en France et le maintien du pastoralisme dans nos montagnes.
Source : AVES France