
Les nouvelles affiches anti-foie gras de GAIA ne sont visiblement pas du goût de la SNCB. Jeudi après-midi, GAIA a été informé par Clear Channel (qui loue les espaces publicitaires dans les abribus) que la SNCB interdit le collage des affiches dans ses gares.
La première affiche montre une oie dans une cave portant un instrument de torture dans le bec et des chaînes autour du cou. La deuxième affiche représente une oie enchaînée portant un capuchon avec des pinces. Le texte dit: ’Foie gras, bouffe de sadique‘. Les affiches auraient dû se voir dans les 40 principales gares du pays dès demain. ’C‘est de la censure déplacée‘, s‘indigne GAIA.
La SNCB estime les affiches ’trop choquantes‘ pour les usagers du rail. Les canards (pendant 12 jours) et les oies (pendant 21 jours) gavés pour le foie gras se voient chaque jour enfoncer de force dans l‘œsophage jusqu‘au jabot un quart de leur poids corporel sous forme d‘une bouillie de maïs. Leur foie gonfle ainsi jusqu‘à atteindre dix fois son volume normal. Le gavage forcé constitue une véritable torture pour les animaux. Ces palmipèdes sont rendus malades et subissent douleur et angoisse. Bon nombre d‘entre eux souffrent de graves blessures et de fractures des os (dans le cas de canards enfermés dans de petites cages de batterie). Le taux de mortalité dans les établissements où l‘on gave, est de 15 à 20 fois plus élevé comparé aux établissements de canards élevés pour leur viande. Ce ne sont pas les affiches mais la réalité qui est choquante.
Ce n'est que le 8 décembre que la SNCB a envoyé à Clear Channel un courrier communiquant sa décision. Pour interdire les affiches, la SNCB se base sur l‘article suivant: "Sur base de l‘article 7.3 du 01/01/92 du cahier spécial des charges régissant l‘exploitation de la publicité sur le domaine de la S.N.C.B., la S.N.C.B.-Holding a le droit de refuser certaines publicités ou supports publicitaires en motivant la raison de son refus." Un peu plus loin, l‘on peut lire: "Cette façon d‘imposer à notre clientèle de telles images ainsi que de « cautionner » l‘utilisation du terme « sadique » ne pourrait que nous être reprochée." Le mot "sadique" était donc de trop et l‘image, selon la SNCB, pourrait en soi susciter de fortes réactions chez les enfants et les personnes sensibles. Un peu maigre comme argument pour interdire les affiches. Les téléspectateurs, dont des enfants, sont chaque jour confrontés à des images de pareille ampleur. L‘affiche n‘a pas de couleur politique et n‘inclut aucune déclaration raciste. Les motifs invoqués par la SNCB sont purement subjectifs.
Quelle est alors la vraie raison de l‘interdiction des affiches? Peut-être la SNCB a-t-elle déjà constitué son stock de foie gras pour les fêtes et se sent-elle personnellement visée par le terme "sadique"? Quoi qu‘il en soit, ce type de manœuvre constitue une atteinte au droit à la libre expression. Pour autant que nous le sachions, c‘est la première fois que la SNCB interdit une campagne d‘affichage.
A partir de mercredi, 645 affiches seront exposées chez les libraires en Flandre, à partir du 21 décembre, 455 affiches de plus chez les libraires de Wallonie et du 27 décembre au 2 janvier, ce sera le tour du métro bruxellois. Seule la SNCB a rejeté les affiches.
Source : GAIA