Une nouvelle proposition de loi, de la députée Defraigne, pour protéger les animaux. Des amendes à la clef!
Depuis
quelques semaines, la Belgique et la France font l'objet
d'une campagne d'information quant à la manière
particulièrement barbare dont des animaux, notamment des
chiens et des chats, sont massacrés dans l'optique d'en
obtenir leur peau pour en faire des manteaux complets,
des accessoires tels que des écharpes.... On y évoque
l'écorchage au couteau des animaux qui commence par le
ventre, tandis que l'animal gît sur le dos ou est
suspendu à un crochet, la tête en bas.
Dans cette problématique de la fourrure animale, la Belgique a déjà
fait de grands pas en ce qui concerne les phoques, les
chats et les chiens. La députée, MR, Christine Defraigne,
veut aller plus loin: «Nous sommes très vigilants à
ce qui se passe en Chine notamment. J'entends modifier
par une nouvelle proposition de loi, la loi du 14 août
1986 relative à la protection et au bien-être des
animaux, en vue d'introduire l'étiquetage des peaux de
tous les animaux.»
Actuellement, à l'instar des Etats-Unis et de
certains pays d'Europe, telle que la France, il est
interdit, depuis juin 2004, d'importer en Belgique des
peaux de chiens, de chats et de phoques ainsi que leurs
produits dérivés. En réalité, depuis cette date,
l'importation de ces produits est soumise à une
autorisation qui est systématiquement refusée. «Ma
volonté est de mettre en place un label de qualité afin
de responsabiliser les consommateurs de ces fourrures au
travers d'un système d'étiquetage complet et précis.»
Comment? «Cet étiquetage devra mentionner le nom
scientifique de l'animal ainsi que son nom commercial.
Cette double mention évitera que le consommateur puisse
se tromper sur le type d'animal utilisé pour fabriquer
le produit acheté. Il mentionnera également le pays de
provenance de l'animal ainsi que la méthode utilisée
pour l'abattre.»
Selon la députée, la Belgique ne peut accepter que
des peaux obtenues par des pratiques d'abattage
particulièrement barbares, au mépris des normes
élémentaires du bien-être animal applicable sur notre
territoire, y soient importées et commercialisées.
«Il faut déterminer les méthodes d'abattage qui
conduiront à un refus d'importation, d'exportation, de
commercialisation ou même de transport sur notre
territoire des produits ainsi obtenus.»
Amendes de 26 à 1.000 € et un emprisonnement
Afin que ces mesures soient efficaces, toutes
infractions à ces nouvelles dispositions seront
passibles des peines les plus élevées prévues dans la
loi du 14 août 1986 relative à la protection et au
bien-être des animaux, à savoir un emprisonnement d'un
mois à trois mois et d'une amende de 26 à 1.000 euros ou
d'une de ces peines.
Quelles sont les personnes concernées par cette
amende? «Le fait de faire le commerce, en Belgique,
de peaux ne mentionnant pas les noms scientifique et
commercial de l'animal, son pays de provenance ainsi que
la méthode d'abattage. Mais également le fait
d'importer, exporter, commercialiser ou transporter sur
le territoire belge des produits réalisés avec des peaux
obtenues suivant un mode d'abattage réprouvé en
Belgique», conclut le texte de Christine Defraigne.
Les porteurs et les importateurs de fourrure n'ont
qu'à bien se tenir.
V. Li.
© La Dernière Heure 2005
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