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Un point sur la chasse à l’ours en Roumanie





grippe aviaire Si la situation des ours en Roumanie nous préoccupe plus particulièrement c’est parce que nous craignons que la population ursine ne puisse supporter ces prélèvements intensifs bien longtemps.

Les chiffres communiqués par les autorités roumaines aux organismes européens et à la CITES ne sont pas fiables, or ces mêmes organismes se basent sur cette unique source pour autoriser ou réglementer les quotas de chasse. Même si certains biologistes ont pu, au cours des dernières années, réaliser des estimations fiables qui permettent de penser que la population des ours se maintient à 2000 individus, ils ne peuvent guère se faire entendre, ni au niveau du gouvernement roumain, ni au niveau des institutions européennes.

Le drame est que les sociétés de chasse en Roumanie et les administrations de ce pays avancent le chiffre faramineux de 6 000 ours pour dans l’espoir d’augmenter les quotas de chasse et attirer davantage de chasseurs venus du monde entier qui espèrent faire un "carton" sur un plantigrade. On vient de loin et on paie fort cher pour avoir la peau de l’ours...

Que pèse l’animal face aux retombées économiques de la chasse à l’ours ? Faut-il se féliciter qu’une minorité de Roumains profite de la destruction de leur faune pour s’enrichir ? Nous pouvons offrir des alternatives aux populations locales en développant notamment le tourisme vert, car les massifs montagneux et forestiers de la Roumanie sont de toute beauté et abritent une faune riche variée, et notamment de nombreux prédateurs.

Mais il faut agir vite et convaincre les autorités de la nécessité de protéger l’ours en Roumanie. En effet, en mars 2005 le Conseil international de la chasse et de la conservation du gibier avait émis une recommandation visant à s’opposer à une décision de l’Union Européenne, qui recommandait aux Etats membres de ne plus autoriser le commerce d’ours bruns roumains comme trophés. Pour l’instant, même les agences de tourisme et de chasse semblent se montrer prudentes sur les quotas d’ours à abattre qu’elles proposent à leurs clients, en raison de cette décision européenne. Mais le lobby de la chasse est puissant, et la décision de l’UE n’est pas juridiquement contraignante. Il faut impérativement que ces quotas de chasse soient revus à la baisse.

En conséquence, AVES FRANCE a décidé d’agir au niveau européen pour contribuer à la protection des ours roumains. Nous vous tiendrons régulièrement informés de l’avancement de ce dossier, et nous espérons que la communauté europpéenne saura nous entendre.

Sylvie CARDONA
AVES FRANCE
2005-10-16 22:02:22


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