
Tandis que les opérations de secours se poursuivent en Louisiane et dans l'état du Mississippi et que l’on déplace des milliers de réfugiés vers des zones plus sûres, le sort des mammifères marins captifs au Marine Life Oceanarium à Gulfport, Mississippi pose question.
Il pose aussi la question de la pertinence de tels "delphinariums en bord de mer"
...et nous ramène enfin à une "histoire belge".
Bien que l’Aquarium des Amériques à la Nouvelle Orléans, situé au bout de Canal Street, à la Nouvelle-Orléans, ait survécu à l'impact initial de l'ouragan Katrina lundi dernier, la lutte pour sauver les animaux - essentiellement des poissons - s’est singulièrement compliquée mercredi, lorsque le personnel a été forcé d'abandonner l'aquarium à cause du niveau d'eau qui continuait à monter.
Selon les derniers rapports, le personnel a nourri les animaux une dernière fois et chargé en pétrole le système de chauffage afin de maintenir les températures appropriées et garder en vie les animaux captifs, avant de quitter les lieux.
Dans l’état voisin du Mississippi, le sort d'un groupe de dauphins déplacés de Gulfport reste incertain.
Selon le journal «Daily Telegraph», les animaux survivants auraient été vus pour la dernière fois dans la piscine d'un hôtel.
Par contre, selon une information plus récente de la Humane Society of the United States, neuf dauphins ont été amenés vers un bassin plus grand qui a déjà résisté à plusieurs ouragans. Six autres auraient en effet transités par des piscines d'hôtels avant que d'être amenés en Floride, dans d'autres structures d'accueil temporaires.
On raconte que certains dauphins se seraient échappés dans les eaux du Golfe (tant mieux pour eux !).
Nombre de dresseurs sont par ailleurs restés à Gulfport, malgré des conditions de vie abominables, pour prendre soin de leurs dauphins. Un bon point pour la profession !
Rappelons que l'ouragan a laissé plus de 70.000 personnes sans abri dans une ville submergée sous dix pieds d'eau et qu'elle a complètement détruit l'aquarium de Gulfport. Le nombre de victimes humaines est encore inconnu ce jour mais risque d'être terrifiant. Rester sur place est donc loin d'être une sinécure.
Côté otaries - elle sont nombreuses et peu coûteuses, on le sait, dans ce genre de cirques aquatiques - on croit savoir qu'une otarie âgée de 13 ans aurait été éjectée de son bassin de l’Oceanarium par les flots à plus de quatre milles de distance. L'otarie a été sauvée par un couple au plus fort de l’inondation et alors que leur maison avait été elle-même frappée par une vague énorme.
Deux jours plus tard, ces deux personnes gardaient toujours près d’eux le pinnipède, nommé Pocahontas.
Ils l'ont placée dans une mini-piscine pour enfants afin qu'elle ne se déshydrate pas et la nourrissent de poissons récupérés dans les frigos des maisons voisines.
Une autre otarie adulte, provenant apparemment du Marine Life Aquatic Centre proche, s’est retrouvée sur un parking en bord de mer, mais n’a pu être sauvée. Il semble même qu'elle ait été abattue à coups de fusil, comme sans doute nombre de ses semblables.
Un peu de viande est toujours bonne à prendre, quand on est un humain en détresse.
Le Dr. Greg Stone, conseiller scientifique de l'Institut d'exploration sous-marine des Bermudes (BUEI) et par ailleurs vice-président des programmes marins à l'Aquarium de la Nouvelle Angleterre à Boston, a déclaré cette semaine que la tragédie ne faisait que commencer.
Bien que très peu d’informations ait été diffusées à propos des delphinariums côtiers après le passage de l’ouragan Katrina, le Dr. Stone a déclaré qu'il avait entendu dire par la "communauté des gérants d’aquarium" que ceux-ci faisaient en sorte de prévenir d’autres pertes et de remédier d’une façon ou d'une autre à cette situation de crise. Cependant, le destin des aquariums en bord de mer de la région et de leurs 10.000 animaux estimés reste toujours inconnu à ce jour.
Pour rappel, le Marine Life Oceanarium de Gulfport nous concerne d’assez près, en tant que Belges :
Iris, Ivo, Puck, Tex, et tant d’autres dauphins capturés avec une extrême violence dans les eaux du Golfe du Mexique ont été confinés dans les prisons de M. Moby Solangi avant d’être revendus au Zoo d’Anvers ou au Delphinarium de Bruges.
En pleine mer, les dauphins libres échappent avec aisance aux pires tempêtes, ouragans et autres tsunamis.
Il leur suffit de descendre sous quelques dizaines de mètres pour bénéficier d’une eau parfaitement calme.
En bassin, la tempête projette dans leurs bassins des tôles et des morceaux de charpente. Le fait est que la plupart s’en sortent, malgré tout, surtout s'ils peuvent regagner les eaux libres.
On se souviendra cependant de ces dauphins de Thaïlande victimes du Tsunami, projetés dans un lac à des kilomètres de la plage et que l’on s’est obstiné à sauver, en vain.