
La décision du préfet autorisant le prélèvement d’un animal a été validée, mais les maires de la Maurienne sont tenus de suspendre l’autorisation de chasser le grand canidé.
Dans le cadre de l'affaire du loup, le
tribunal administratif de Grenoble a tranché hier après-midi et a
débouté deux associations de défense des animaux (Spa et Aspas) qui
avaient attaqué en référé un arrêté signé par le préfet de l?Isère le 20
juin dernier. La décision en question autorisait notamment les chasseurs
à prélever un loup en Valdaine où certaines communes avaient été le
théâtre d?attaques de génisses au début de l?été. Le tribunal a estimé
"qu?aucun des moyens invoqués n?est de nature à faire naître un doute
sérieux quant à la légalité de la décision attaquée". Sans donner de
motifs à sa décision, le juge des référés n?a retenu aucun des arguments
soulevés tant par la SPA que l?Aspas. L?arrêté préfectoral continuera
donc à produire ses effets. En revanche, c?est l?Aspas qui a eu gain de
cause dans la seconde affaire qui opposait l?association de défense des
animaux à six maires de la vallée de la Maurienne. Ceux-ci avaient émis
voilà quelques semaines un arrêté autorisant les chasseurs agréés à
traquer le loup dans le parc national de la Vanoise, en réponse à la
colère des éleveurs victimes d?attaques du loup.
Estimant que l?autorisation signée par les maires est "susceptible de
détruire des loups", le tribunal administratif a donc ordonné la
suspension de leur décision. Le juge a par ailleurs souligné qu?un maire
ne pouvait "intervenir contre une espèce protégée" que si celle-ci se
révélait "nuisible". Ce qui n?est pas encore - juridiquement - le cas du
grand canidé dont le coup de dent acéré est pourtant de plus en plus
redouté.
Article du 12 août 2005,
par Mathilde MAGNIER