
La fin de l'année 2003 aura été marquée d'une nouvelle pierre noire pour les défenseurs de l'environnement. La dépouille d'un lynx a été trouvée, fin décembre, en forêt de Masevaux, une commune située au pied du Ballon d'Alsace.
Il s'agit d'un mâle qui a été tué par balles, selon les premières
constatations de l'enquête effectuée par l'Office national de la chasse et de la
faune sauvage.
Une fois encore se pose le problème de la protection et de la survie des grands
prédateurs en France. Le Ministère de l'Ecologie et du Développement Durable a
été informé de cette macabre découverte mais n'a émis aucun commentaire pour
l'instant. De fait, et comme d'habitude, c'est une association locale de
protection de l'environnement, l'association Faune Sauvage, qui a pris
l'initiative et décidé de porter plainte auprès du tribunal compétent.
Pour mémoire, rappelons que le lynx, chassé à outrance, avait disparu de nos
contrées avant de faire l'objet d'un programme de réintroduction dans les années
1970. Les premiers lâchers ont eu lieu en 1983 et ont continué jusqu'en 1993. 21
lynxs ont été réintroduits depuis cette date, tous en provenance de
Tchécoslovaquie. Aux années sombres, de 1984 à 1987, au cours desquelles trois
lynxs ont été braconnés, Boric, Syxti et Elisa, et dont les morts mirent en
péril le projet, succèda une relative période de tranquillité, bien que toujours
marquée par l'hostilité de la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin. Hélas, le
braconnage n'ayant pas cessé pour autant, et si l'on tient compte des morts
naturelles, nous pouvons comptabiliser aujourd'hui une vingtaine d'invidus
seulement pour le massif vosgien. Ce chiffre est bien évidemment insuffisant
pour assurer la survie de l'espèce.
Ce nouvel acte de braconnage peut donc avoir de graves conséquences.
Bien que le lynx soit une espèce protégée en France, et que sa destruction
devrait être sévèrement punie par la loi, il est à craindre que les magistrats
ne suivent l'exemple de leurs confrères qui ont eu en charge les dossiers du
loup et de l'ours. Les peines ne sont en effet que rarement appliquées par les
tribunaux. Enfin, cette déplorable affaire aura peut-être le mérite d'attirer de
nouveau l'attention des pouvoirs publics sur ce félin, quelque peu oublié dans
cette bataille en faveur des grands prédateurs. Tout comme l'ours, le lynx a
grand besoin que l'on renforce sa population actuelle par d'autres
réintroductions sous peine de le voir à nouveau disparaître du territoire
français. Il ne nous reste qu'à espérer que justice sera faite et que l'auteur
de cet acte imbécile et criminel sera identifié et lourdement condamné.
Dans cette affaire, Cyber Nature ne peut que soutenir la démarche de
l'association Faune Sauvage qui a porté plainte et qui offre une prime de 2000
euros à toute personne qui permettra de démasquer le coupable.
Association Cyber Nature