La ministre de l'Ecologie et du Développement durable annonce que le nombre de loups pouvant être abattus pour protéger les élevages passe de 4 à six.La nouvelle ministre de l'Ecologie et du Développement
durable, Nelly Olin, annonce dans un entretien au journal Le
Parisien/Aujourd'hui en France publié samedi 18 juin que le nombre des loups
pouvant être abattus pour protéger les élevages passe à six individus, contre
quatre précédemment.
"Je vais autoriser un prélèvement maximal de six loups, soit moins de 10% de la
population estimée de 70 à 90 individus sur le territoire, et cela ne met pas en
danger la préservation de l'espèce", explique-t-elle, assurant que ces mesures
n'ont "rien à avoir avec une régulation de la population du loup".
"Légitime défense"
Outre l'augmentation des "prélèvements" autorisés, Mme Olin prône pour les
éleveurs une "légitime défense" fortement encadrée pour faire face aux attaques
des prédateurs.
"La nouveauté, c'est le tir de défense, mais il ne sera possible que sur
autorisation individuelle délivrée par le préfet, et sous réserve que l'éleveur
possède le permis de chasser et ait préalablement protégé son troupeau", précise
la ministre.
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Dans la pratique, il pourra s'agir d'un "tir d'effarouchement, par balles ou
munitions en caoutchouc" ou d'un "tir à balles réelles, mortel à l'occasion". Et
si l'éleveur n'est pas chasseur, il pourra "recourir à un garde assermenté ou à
un lieutenant de louveterie".
Nelly Olin promet par ailleurs des "avancées considérables" en matière
d'indemnisation des éleveurs, de l'ordre de 80%. Ainsi, précise-t-elle, "un
jeune agneau de six mois vaut 90 euros, une brebis reproductrice de 180 à 200
euros". Quant aux remboursements, ils se feront désormais "sur simple
déclaration à la préfecture" et ne prendront que six semaines.
"Dans le bon sens"
La décision de la ministre "va dans le bon sens", a estimé samedi le député
(UMP) des Alpes-de-Haute-Provence, Daniel Spagnou. Ex-rapporteur de la
commission d'enquête parlementaire sur la présence du loup, Daniel Spagnou est
membre du groupe de travail sur le loup, qui rassemble notamment représentants
des éleveurs, écologistes et parlementaires.
"Passer de quatre à six loups, c'est bien, même si les éleveurs en voulaient
sept.
Je suis très satisfait, cela va dans le bon sens, c'est ce que nous avons
souhaité", a fait savoir Daniel Spagnou.
"J'estime que c'est la première fois qu'un ministre de l'Ecologie a le courage
d'aller aussi loin. J'espère qu'à présent tout le monde va s'apaiser et que la
polémique va retomber", a ajouté le député, qui avait été reçu mercredi par
Nelly Olin pour la convaincre d'autoriser les éleveurs de moutons "à tirer sur
le prédateur".
Daniel Spagnou, qui se "félicite" du pouvoir donné au préfet "d'autoriser les
éléveurs à se défendre", accueille également avec "satisfaction l'aide
financière multipliée par deux, un fonds qui va subventionner 500 éleveurs au
lieu de 250". "Je ne suis pas pour l'éradication du loup, a-t-il encore indiqué.
Mais l'homme doit pouvoir se défendre face à ce prédateur qui, à part l'homme,
n'a pas d'ennemi".
Source : Nouvel Observateur
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