
Le 24 mai est consacré journée européenne des Parcs Nationaux. Elle célèbre
l'exemplarité et encourage la création de Parcs Nationaux pour protéger durablement la
nature dans toute l'Europe.
Le lendemain, 25 mai, en France, le projet de loi réformant le
statut des Parcs Nationaux sera présenté au Conseil des ministres,
avant son passage à la mi-juin à l'Assemblée Nationale.
Mais ce projet de loi soulève de vives réserves, si ce n'est des
oppositions, et de profondes inquiétudes dans la communauté
naturaliste nationale, rassemblée dans le "Comité inter-réseaux"
(1). Il est ponctué d'inconnues ou manque d'ambition, notamment pour
:
- La protection de la zone coeur (ancienne zone centrale), qui
doit être forte et intangible ;
- La zone d'adhésion (ancienne zone périphérique), à qui l'on
doit maintenant donner, en fonction d'objectifs préalables, une
finalité écologique et sociale, et une consistance territoriale
;
- La charte organisant la zone d'adhésion, qui doit être
construite et appliquée par les communes concernées, à partir
d'un cadre général et reposer sur un socle minimum commun ;
- L'établissement public chargé de la gestion du Parc
National, qui doit voir ses missions de protection de la nature,
d'étude et d'éducation affirmées, et qui doit être géré par un
conseil d'administration équilibré et représentatif des acteurs
concernés et s'appuyer sur un conseil scientifique reconnu ;
- La protection du milieu marin, qui nécessite notamment pour
les nouveaux parcs naturels marins, de vraies compétences et des
pouvoirs adaptés.
En effet, l'outil Parc national, d'intérêt général, est le plus
fort statut de protection qui existe actuellement en France. Avec
son histoire, son vécu et son image, il est emblématique de la
protection de la nature, et en constitue un des fondements, tant au
niveau national, qu'international.
La communauté naturaliste attend de la réforme que le statut de
Parc National ne soit pas amoindri, et demande au contraire qu'il
soit toujours plus porteur des valeurs qui fondent la protection de
la nature, et de la conservation effective de la biodiversité.
Car, face aux enjeux actuels de conservation de la biodiversité,
scientifiquement démontrés et politiquement clamés, et à une demande
sociale grandissante, il apparaîtrait incompréhensible de dénaturer
un outil de protection fort et exemplaire, comme le Parc National,
qui a largement fait ses preuves.
A un moment où le statut des parcs français risque de
s'affaiblir en raison de l'érosion du temps et des pressions
territoriales et qu'il appelle des adaptations pour l'outre-mer et
les espaces marins, une actualisation des textes pour amplifier les
missions des parcs, les conforter et donner une réalité à leur «
zone périphérique », apparaîtrait hautement nécessaire et bénéfique.
Pour la communauté naturaliste, les Parlementaires devraient
veiller à :
- Poursuivre l'action des visionnaires qui les ont précédés et
qui ont voté, en 1960, la loi créant les Parcs nationaux ;
- Répondre aux enjeux futurs de conservation de la
biodiversité et aux attentes de la société, pour donner un
deuxième souffle aux Parcs Nationaux, amplifiant leur rôle et
dynamisant leur création.
(1) : Club Alpin Français, Fédération France Nature
Environnement, Fédération des Parcs Naturels Régionaux, Fédération
des conservatoires botaniques nationaux, Fondation Nicolas HULOT,
Ligue pour la Protection des Oiseaux, Ligue ROC, Mountain Wilderness,
Réserves Naturelles de France, Société Nationale de Protection de la
Nature, UICN France, UNCPIE, WWF France
Communiqué de presse de FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT