
Le protocole de Kyoto, adopté
en décembre 1997, est entré en application le mercredi 16 février 2005 dans les
127 pays du monde l’ayant ratifié.
Ce protocole est la réponse des nations à l’augmentation des
émissions de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique, il oblige ces
états à réduire de 5 % leurs émissions de six gaz : le
dioxyde de carbone (CO
2); le méthane (CH
4); l'oxyde
nitreux (N
2O); l'hydrofluorocarbones (HFCs); l'hydrocarbure
perfluorés (PFCs); l'hexafluorure de soufre (SF
6).
Parmi les pays signataires figurent les 25 pays de l'Union Européenne, ainsi que la Russie, le Canada, le Japon, la Chine, l'Inde,' Mais comme il a été souvent précisé, les Etats-Unis n'ont pas ratifié ce protocole. George W. Bush a en effet annoncé en 2001 qu'il abandonnait le traité signé quatre ans plus tôt par son prédécesseur, Bill Clinton.
Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à avoir signé le protocole sans le ratifier par la suite, treize autres états sont dans le même cas dont six figurent parmi les plus grands producteurs de gaz à effet de serre (comme l'Australie).
La signature de la Russie, avec une part de 17 % des émissions mondiales de gaz, a permis l'entrée en vigueur du pacte, malgré l'absence des Etats-Unis ;en effet, cette entrée en vigueur était conditionnée à la ratification par un nombre de pays représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre.
La mise en place du protocole de Kyoto ne solutionnera pas le problème de l'augmentation croissante des émissions, elle constitue seulement une étape.
La participation des Etats-Unis et des pays en voie de développement ' pour l'instant exclus des obligations de baisse ' est indispensable.
Jacques Chirac a souhaité « réengager les Etats-Unis dans l'effort international de lutte contre le changement climatique ». Il pense par ailleurs qu'il ne faut pas se contenter d'une baisse de 5 % des émissions, et souhaiterait une baisse de 75 % d'ici 2050.
Une telle baisse impliquerait l'industrie, mais également les transports qui sont à l'origine du tiers des émissions de gaz à effet de serre.
En France, le gaz carbonique émis par les transports a augmenté de 19 % entre 1990 et 2002.
La voiture individuelle représente plus de la moitié (56,4 %) de ces émissions, le reste incombant aux poids lourds, aux véhicules utilitaires légers et, pour une toute petite fraction, aux deux-roues.
Des solutions comme le développement des transports en commun, la mise sur le marché de voiture moins polluante ou encore la construction de voitures électriques ou hybrides à plus grande échelle, sont avancées mais qu'en est il vraiment '
Des progrès ont été faits en réduisant les émissions de monoxyde de carbone et d'hydrocarbures imbrûlés des voitures récentes. Un bémol à cette avancée : ces émissions de produits nocifs ont été remplacées par des rejets de produits non nocifs mais « réchauffant » comme le gaz carbonique et l'azote. Le problème ne serait donc que déplacé.
Le développement des voitures électriques ou hybrides ne permet pas d'espérer un quelconque changement dans les années à venir, elles ne représentent qu'une infime part du parc automobile actuel, et souffre d'un manque d'intérêt évident.
Un nombre croissant de villes cherche à améliorer les transports en commun pour inciter les habitants à ne pas utiliser leur voiture. Mais il est nécessaire de diversifier ces transports, de mieux couvrir les villes et de faire un effort (financier ') pour inciter les personnes à changer leurs habitudes, d'autant qu'il faudra renoncer à certains avantages que seule la voiture apporte.
Dans notre culture la voiture occupe aujourd'hui une place indispensable, et elle apporte également une rentrée financière conséquente dans les budgets de l'état. Alors que choisir : la lutte contre l'effet de serre ou notre confort quotidien. De la réponse à cette question, dépendra notre avenir.
Gérald Berger