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L'Arche de Nena... suite





grippe aviaire L’Histoire est un éternel recommencement, dit-on… La formule semble particulièrement juste pour la Communauté Inti Wara Yassi. Car c’est la deuxième fois que le sanctuaire bolivien et les animaux sauvages qu’il abrite sont menacés d’expulsion…

Des enfants à la base du mouvement

Juan Carlos Antezana, le président de l’association, est un travailleur social qui s’occupe des enfants des quartiers pauvres de La Paz depuis 1985. Pour les tenir à l’écart des tentations de la drogue et du crime, il organise pour eux des activités sportives ou culturelles, ainsi que des actions de sensibilisation à l’environnement.


Ces au cours d’une de ces sorties que Juan Carlos et les enfants assistent à la lamentable représentation d’un forain dans un bar, qui amuse l’assistance en faisant boire de l’alcool à un singe araignée, jusqu’à le rendre ivre mort. L’animal est dressé, déguisé, manifestement maltraité. Dégoûtés par ce spectacle, Juan Carlos et les enfants décident de ‘racheter’ l’animal au forain ; contre espèces sonnantes et trébuchantes, ils emportent le primate, sans trop savoir ce qu’ils vont pouvoir faire de lui. Mais cette décision spontanée, irréfléchie parce que venant du cœur, va avoir de grandes répercussions : quelques mois plus tard, Juan Carlos fonde avec les enfants un mouvement de protection de la nature pour combattre le braconnage, et les mauvais traitements sur les animaux.

Le jardin botanique de La Paz

En 1992 Nena Baltazar rejoint le groupe de travail de La Paz, et aide à développer les programmes d’éducation à l’environnement. Les enfants, Nena et Juan Carlos ouvrent alors dans la capitale bolivienne un petit jardin botanique où ils prennent soin des animaux blessés, notamment des singes et perroquets récupérés sur les marchés du pays.

Mais trois ans plus tard, en 1995, le nouveau maire de La Paz retire son soutien au jardin botanique, et donne son accord pour faire bâtir à la place un centre commercial. Rien n’arrivera à la faire changer d’avis, à lui faire comprendre qu’il met de nombreuses vies en péril. En désespoir de cause, Nena entame une grève de la faim de dix jours, qu’elle passe enfermée dans une cage au milieu du jardin botanique. En vain : le jardin est évacué, les animaux sont expulsés. Certains sont confiés à des zoos, d’autres dépérissent et meurent.

Juan Carlos, Nena et les cinq singes araignées survivants bougent d’une maison à l’autre. Cependant, au vu des dégâts que peuvent causer les animaux, il est évident que personne n’est prêt à les abriter plus de quelques jours...

L’arrivée à Villa Tunari


En 1996, le petit groupe entend parler du village tropical de Villa Tunari, dans le Chapare. Il y a là, parait-il, un bout de forêt inutilisé, une ancienne plantation de coca que l’on appelle Parc Machia. Après négociation avec la municipalité, la communauté obtient l’autorisation d’utiliser ce terrain en friche comme refuge pour la vie sauvage. Nena, Juan Carlos, et quelques uns des enfants de la Communauté Inti Wara Yassi aménagent dans une petite maison du Parc. Durant une année entière, faute d’espace, les singes dormiront à l’intérieur, et les humains dehors, sous des tentes…

Le film "l’Arche de Nena" : un documentaire de 52 minutes


Et après des années de travail pour aménager le Parc Machia, pour y bâtir l’infrastructure nécessaire à l’accueil des animaux maltraités, après avoir englouti l’intégralité des maigres ressources de la Communauté Inti Wara Yassi dans le développement de ce Parc, Nena doit à nouveau faire face à l’expulsion. Mais comment déplacer des centaines d’animaux ? Où trouver les fonds, la main d’œuvre pour acheter un autre terrain, reconstruire les cages, les bâtiments pour les bénévoles ?

C’est l’histoire que se propose de raconter le film l’Arche de Nena, en cours de préparation. Ce documentaire de 52 minutes, que nous parrainons, est aussi soutenu par l’association Cinéma en Lumières, le Ministère des Affaires Etrangères français, l’Ambassade de Bolivie en France et le Conseil Régional Provence Alpes Cote d’Azur.

Si vous souhaitez aider le Parc, ou si vous vous intéressez au projet de film, écrivez à juliennaar@yahoo.fr. D’autre part, nous vous tiendrons informés dans les semaines à venir des avancées du projet sur notre site.

Article écrit par Onevoice
 

2004-12-04 13:31:00


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