
Des biologistes australiens ont développé une nouvelle méthode pour
collecter et analyser des échantillons fécaux de cétacés. Ceci pour éviter
aux baleines de se faire massacrer au nom de la science.
Le programme d'écologie appliquée sur les mammifères marins récolte des excréments
de cétacés pour en étudier l'ADN. Cet ADN provient principalement des
aliments dévorés par le prédateur, mais également du prédateur lui-même.
La baleine bleue a été choisie comme modèle pour son mode d'alimentation
simple. Par la suite, les chercheurs espèrent adapter leur technique à
d'autres animaux au régime alimentaire plus complexe.
Les excréments sont ramassés dans des filets à mailles très fines. Les
scientifiques en récoltent entre 5 et 50 ml. En les mettant au contact d'une
machine qui amplifie l'ADN qu'ils contiennent, la polymerase chain reaction, les
biologistes connaîtront donc le sexe du cétacé ainsi que son régime
alimentaire.
Selon le docteur Nick Gales, chercheur de la division australienne en
Antarctique, la récolte d'échantillons fécaux est plus facile qu'on ne croie.
Les baleines défèquent à la surface de l'eau, là où elles ne subissent pas
la pression des profondeurs. Les phoques et les manchots agissent de même. Les
excréments des cétacés se dissipent à la surface de l'eau au lieu de couler
à pic.
Selon lui, les scientifiques japonais pourraient obtenir les mêmes informations
sans tuer, en procédant simplement à une étude sur des animaux vivants.
En effet, depuis 1987, le Japon bafoue allègrement l'interdiction de chasser la
baleine à des fins commerciales. Chaque année, ce sont des centaines de
rorquals qui se font massacrer dans l'Océan Atlantique et Pacifique. Le
gouvernement japonais prétend que c'est au nom de la science que les baleines
sont tuées à des fins scientifiques. Les chercheurs auraient besoin de ces échantillons
de chair pour recueillir des données sur l'âge et le mode de reproduction des
cétacés. Ils cherchent dans l'estomac des carcasses les mystères de
l'alimentation des baleines.
Les chercheurs soumettront leurs travaux au comité scientifique qui siégera à
la 54ème conférence de la Commission baleinière internationale, se déroulant
au Japon fin avril 2002.