Le témoignage de l’ancien dresseur d’ours russe Vladimir Deriabkine est édifiant sur la barbarie du dressage. Il affirme, des années après avoir quitté le cirque, que la « complicité » que croient percevoir les spectateurs entre le dresseur et l’animal est le résultat de la très grande violence qui s’exerce en coulisse, plus rarement sur la piste. Vladimir Deriabkine possédait dix ours qu’il exploitait dans des numéros contre nature pour un animal sauvage. Ils étaient notamment obligés de mimer des attitudes humaines. Aucun d’eux n’a survécu à quelques années d’exploitation. Il a vu tuer un ours qui refusait d’exécuter un numéro.
L’ancien dresseur estime que si le public connaissait la réalité des pratiques de dressage, il n’accepterait plus assister aux représentations. Il se souvient d’un dresseur qui avait frappé si fort une panthère pendant une représentation qu’elle avait été prise de convulsions sur la piste. Les animaux ne sont que du matériel jetable qui permet aux dresseurs de gagner de l’argent. Outre les coups, la faim est utilisée par les dresseurs pour « éduquer » les animaux. Ils les privent de nourriture pendant plusieurs jours pour les obliger ensuite à accomplir leur numéro. Pour Vladimir Deriabkine, les animaux de cirque attendent toute leur vie de pouvoir régler leurs comptes avec leur dresseur, quitte à en mourir. C’est ce qui s’est passé avec cet ours patineur.
One Voice demande depuis des années l’interdiction de l’exploitation des animaux dans les spectacles et dénonce la cruauté de leurs conditions de détention et de dressage. Les animaux sont enfermés et voyagent dans des cages exiguës dont l’aménagement ne peut pas leur fournir des conditions de vie correctes. Les ours patineurs souffrent notamment de blessures aux pattes, causées par le port de patins. La France doit suivre l’exemple des pays qui ont mis un terme à cette exploitation pour limiter la souffrance animale et garantir la sécurité des spectateurs.
Le dresseur dont le tigre avait grièvement blessé une adolescente lors de la fête des remparts de Dinan (22), en juillet 2008, a été reconnu coupable le 20 novembre 2009 mais il a été dispensé de peine ! Alors que plusieurs personnes voulaient prendre en photo un jeune tigre tenu en laisse par son dresseur, l’adolescente de 14 ans s'était agenouillée près de lui. Le tigre l’a d’abord blessée à la cuisse d’un coup de patte puis il lui a pris la tête entre ses pattes, lui arrachant presque l’oreille. Trois personnes ont dû intervenir pour contrôler le tigre.
Cet accident avait abouti à la suspension du droit d’exhiber ses animaux en public pour le dresseur, qui a comparu le 20 novembre devant le tribunal correctionnel de Dinan. Le ministère public a estimé que cette sanction avait été suffisante pour que le dresseur applique à l'avenir les règles de sécurité et a requis un mois de prison avec sursis. Le prévenu a été reconnu coupable mais il a été dispensé de peine.
Source : OneVoice
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