
Le panda doit en partie sa survie au fait qu'il évite, dans son cadre naturel, aussi bien ses congénères que l'homme dont il a peur. Ce qui prévient nombre de fâcheuses rencontres avec les braconniers (la peau de ce drôle d'ours blanc et noir se vendant 30000$ environ). Son allure de nounours faussement débonnaire, mais pesant tout de même de 75 à 150 kilos dans le cas du panda géant, lui a valu de figurer sur le logo fort sympathique du Fonds mondial pour la nature (WWF).
Seul ours à avoir pareil pelage bicolore, le panda a, tout comme le chat,
une pupille fendue verticalement et une excellente vision nocturne. À la
manière de ces minous familièrement appelés «mitaines», il possède
une sorte de sixième doigt, sans griffe, qui lui sert de pouce. Cet
appendice osseux est fort utile à cet ancien carnivore pour cueillir et décortiquer
les bambous que son solide estomac digère fort bien. Manger reste
d'ailleurs la principale occupation de cette espèce qui passe sept
longues et épuisantes heures à décortiquer, puis à mâchonner, une
partie de ses 14 kilos de bambous quotidiens; dort ensuite cinq petites
heures, pour, affamé, retourner sept autres heures encore à table... Il
faut dire, à la décharge de ce goinfre, que les feuilles et les pousses
de bambous ne sont pas particulièrement nourrissantes.
Son sixième doigt, fort utile donc pour manger, a aussi été mis à
contribution pour amuser la galerie dans les pathétiques numéros de
poids et haltères des cirques chinois. D'autres pandas domestiqués sont
même dressés (et dans quelles conditions!) à jouer au basket, à
descendre en luge ou à conduire une voiture. Il faut dire que le panda
aime bien, dans son milieu naturel, faire des glissades, des roulés-boulés,
des escalades ou jouer à chat perché.
Seul des huit membres de la famille des ursidés à avoir ce pelage
bicolore noir et blanc, le panda ne cherche guère à fréquenter ses congénères
sauf en période de rut. Il marque son territoire en frottant son derrière
(un peu à la manière du chien qui veut vider ses sacs anaux). Entre les
mâles c'est alors l'affrontement pour s'accoupler à la queue leu leu
avec une maman panda qui ne mettra au monde qu'un unique rejeton aveugle
de 150g dans l'arbre creux qui lui sert de tanière.
Symbole vivant de la protection animale, l'avenir du panda reste sombre.
Outre le braconnage (pour satisfaire entre autres la demande japonaise) sévèrement
puni, les forêts de hêtres, de pins et les épais fourrés de bambous où
il aime se cacher rétrécissent comme une peau de chagrin. La Chine, en
effet, a besoin de bois et de terres cultivables pour nourrir son
importante population. Ce qui entraîne une dramatique déforestation. Des
centaines de pandas géants survivent donc dans de petits îlots protégés,
tandis que d'autres meurent de faim par dizaines.
Le panda: un gros nounours menacé et mal léché
François Lubrina
collaboration spéciale