
TORONTO (PC) - Deux hommes sont
accusés à Toronto d'avoir pendu puis écorché vif un chat de gouttière,
soi-disant pour dénoncer, dans une installation d'arts visuels, la consommation
de viande.
Jesse Power, âgé de 22 ans, et Anthony Wennekers, âgé de 26 ans, ont assisté
impassibles, jeudi, à la présentation de la bande vidéo incriminante devant
le tribunal, lors des représentations sur sentence.
"La vidéo montre clairement que ces hommes ne peuvent mesurer la méchanceté
de leur crime", a indiqué l'avocat de la Couronne, Me Robin Flumerfelt,
avant de demander la sentence maximale - deux ans de prison pour méfait et six
mois pour cruauté envers les animaux. Ils sont aussi passibles d'une amende de
2000 $ et d'une interdiction totale de posséder un animal pendant deux ans.
Les deux hommes avaient été arrêtés en mai 2001 après la délation de leur
colocataire, qui les avait entendus se vanter d'avoir tué puis mangé un chat.
Les restes de l'animal ont été retrouvés dans l'appartement.
Après le poulet...
L'avocate de Power a expliqué au tribunal que la vidéo était destinée à la
deuxième installation d'un projet en arts visuels pour le Collège d'art et de
design de l'Ontario. Dans la première installation, Power tuait puis dévorait
un poulet devant la caméra, afin de rappeler aux spectateurs que la viande
qu'ils mangent provient d'une bête qui a d'abord été abattue, a expliqué Me
Andrea Tuck-Jackson. Power avait d'ailleurs obtenu la note A pour son travail.
Dans la vidéo présentée jeudi, Power, Wennekers et un autre homme non
identifié lâchent une souris devant un chat de gouttière dans un appartement
vide et miteux. Mais devant l'impassibilité du chat, qui ne bronche pas, l'un
des hommes le pend au bout d'un fil de téléphone qui descend du plafond. Alors
que le chat miaule et se débat, Power demande aux deux autres: "Pourquoi
on ne le tuerait pas, tout simplement?".
Quelques minutes plus tard, alors que les hommes poignardent le chat et lui
donnent des coups de pied, Power demande encore: "Pourquoi ne pas lui
trancher la gorge et le laisser se vider de son sang?".
Opposé à la chasse...
Son avocate a demandé l'indulgence du tribunal: Power, un végétarien, élevé
à la campagne au Québec, adore les animaux et est même opposé à la chasse.
"Il ne voulait pas être cruel: il voulait simplement que le spectateur se
pose des questions sur le fait de manger de la viande."
Elle a aussi expliqué que son client, "un artiste brillant et plein de
remords", avait ce jour-là consommé des hallucinogènes qui "peuvent
provoquer un comportement bizarre et violent", ce qui ne ressemble pas du
tout à son comportement habituel. Elle a demandé au juge que Power puisse
purger au moins une partie de sa détention chez lui.
L'avocat de l'autre accusé fera ses représentations sur sentence mardi, après
quoi le juge Ted Ormston prendra la cause en délibéré.